SCENE IX, CASSANDRE, ISABELLÇ
CASSAKbRÈ. - ;^
ISABELLE, Isabelle, d*oJLi vient ne descendezvous pas quand on vous appelle, Ms^ selle l'impertinente.
ISABELLE
Dame, c'est que je faisois notre lit, moa cher père. , .
CA.SSANDRS. . « i
Je n'ai donc rien à vous dire. Vous faites bien de vous occuper à ça, il faut que vou;5 veniez avec moi à Hispaham. J'ai pris quatre livres dix sols dans ma poche, de la sorte que pendant la route du voyage, nous pour- 1 rons nous donilêr toutes nos petites corn- • modités fort au large, .-.>.-.-
A mbassad€w\ 1 39
ISABELLS.
Mon cher père, à quoi songez-vous, car encore si cet endroit là z'étoit dans le voisi* ^^8^9 je ferois plutôt deux mille lieues pour y arriver; mais c^est un éloignement qui est si loin*.. v i
' CASSÀNDRE.
Quand )e serons U bas je tous donnerai tant de pistoles en mariage...
Je ne sçai que devenir, si mon cher père continue à faire comme ça le Jupiter : veuve sans avoir eu de mari avec un enfant de reste^ c'est un trop grand inconvénient pour une fille qui z'à de la vertu et son honneur | à garder.
CASSANDRE
Que dites-vous là si haut, que vous ne voulez pas que je Vous entende i Je ne sçay ce que c'est, mais je vous marie au Roy de Perse.
ISABELLE
Tenez, mon cher Père, il faut de la proportion à tout, car quand un mari est comme ça un si gros Monsieur, il se tient tout glorieux, et puis ça ne fait jamais que de la douleur à une femme : si j'allois en mourir.
i6o Leandre.
CASSANDRB.
Vous mourriez d*une belle mort» JQ ^*^^ consolerois tout à Theure.
ISABELLE
Je sçavols bien que ces gens-là qui sont dans Tambition, n'étoient pas plus Chrétiens que des Turcs*
CASSANDRE à pOTt.
Elle est si jolie quand je la regarde! non il n'y a point de grand Seigneur si au-dessus d'elle, qui ne voulût Têtre encore un peu plus. Je me doute de q.uelque micmac avec son Leandre ; mais je vais la mettre sous la garde d'un homme de confiance qui n'en sortira pas; car il neseroit pas plutôt dehors, que Leandre seroit dedans. Allons, suivezmoi.
ISABELLE à part s'en allant.
Hélas ! ô Ciel ! gr^nd Dieu ! Juste Ciel eç|-il possible î ô Dieux^ qu'est-ce que c'est que tout ceci.