‹ Théâtre des boulevardsChapitre 142 sur 156 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

C'est bien dît, parlons l'un après Tautrc.

{Un moment de silence,)

C'est le moyen de s'entendre parfaitement.

CASSANDRE

Quoique nous ayons tous deux parlé en même-tems, je t'ai pourtant pardieu fort bien entendu.

Et moi. Monsieur, je yousl ai entendu fort bien.

378 Leandre

CA8SANDKB.

En ce cas-là^ ventre-de^bouc, Gilles mon amiy jures moi le serment de n^épouser jar mais que ma fille, et moi je te jure de te la donner à toi diraetement ou 'indirectement.

Parguienne^ Monsieur, Vdus ne jurerez pas cela tout seul, je jure moi comme un possédé, comme un chartier, comme un Payen, je jure pourtant cei^u'oa peut jurer au monde, je jure par a. par b. par f. par toutes les lettres de Talphabet, de n'épouser jamais d*autre personne de quel sexe qu'elle soit, que la personne de Cunegonde Isabelle, fille unique de Monsieur Martin Cassandre.

CASSAHnaB.

C'est bien juré.morbieu, je suis très-content de cela, tes sermens m'ont fait venir la chair de poule, et si je jure comme un autre.

SCBNM IX.

CASSANDRE, LEANDRE, GILLES

LEANDRE u» mouckoir à la main,

CiBL ! d Ciel ! ne pourrai-je émouvoir et branler la tendresse d'un père paternelle.

groêae J79

Je vous. conjure mon cher père, de ne me

point violer dessus ma volonté : quand i regard du mariage de Gilles, faites-moi plutôt. Monsieur, embrasser un Conyent.

CAssANDaB en fureur.

Un Gonvent ventrebiev, infâme, toi grande prostituée, un Conyent» Il faut que )t t'assomme. ••

(// tombe eH voulatit fui donner un toup de canne.)

GixxBS Mdant à se relever.

" Un Convent, qu*allez-vous aussi lui proposer, Màrnseile^ ignorez-vous que dans son voyag^e de ^Amérique, votre père est devenu Hérétique tout comme une Hugueno.t^e-: - ,. .

1 SGBNBDEKNIEIŒ

ISABELLE en femme avec les mêmes habits que

Leandre. - -

Et les précédents Acteurs,

ISABELLE sejettant aux pieds de Cassandre,

A 9, mpi) ch* Père» très-c)i* Père, il ne sert plus à rien 4e voua le dissimuler.

S8o Lmmdte

LBAUDKB 9e mettoMt 4e Vautre côté aux gmiomx

de Cassandre»

Une deuxième fois, quand vous devriez me battre, m*écraser mes os, et me renvoyer ad patres^... .

CA.ft9AMDàE tes regardant tous deux et laissant tomber ses mains et sa canne de surprise. '

Que vois-je, grand Dieu, queVdis-je ?

0XLl.piSi9,I.SANlftB B«.XSABBLl.Ktf}ia(«lMtfk '

Vous voyez vous voyez.

CASSANDRE enfrayeuTn

Ah teste! ab mprtl a)i veotfel j^h.^^i^/ (Se mordant^ Allons^ preaonf sur nous, ne tuons personne : mais, nola Colombine, qu*on m'aille chercher un bon Commissaire qui sçache donner la question, pour la faire avaller à celle qu'» linaokence d'être ma seconde fiUe« tandis que je n'ea ai jamai«,eu qu'une qui est unique.

Ah de gracç, mon ch' Père, écoutez-moi.

CASSANDRE Ics regardant tous deux, ditd^tm

ton^tftagiquem

Oh Cieirt oh double Ciel! Dieux 1 ô Dieux!

grands Dieux! justes Dieux ! comnu^t 4e-

Yîner laquelle est ma véritable fille, com-« ment démêler mon sang.

GILLES montrant Leandre.

Ne voyez-vous pas bien que voilà votre ^llC;, celle-ci est un so\dat aux Gardes déguisée.

i^^B^LLE menaçant Gilles,

Sçai&-tu bien croquant que... (àCaaandre) souHRIéS'ifft moment mon ^di'^perey::q«e«..

CASSANDRE u Isabelle.

Retires-toi impure,^ ce n^est jpoint en ta Wéclr4|ué la nature me parle.

■ - '^ * ^ ' '^ '-^ n$e tournant vers Leandre.) i}:<Le-aaffeg'a'éxqBliqiie plntôfe pour*..

*^'Éi*^' iriaîi iï faut que vous appreniez que je ne suis pas...

•^^ÊH; maîé apprenez/ apprénea que je

GILLES Vmtertxmpant.

' Kl ; mafia tl^ ti*y A ^k» urt 'mot 'devrai à tout cela. ' ' '■ * •

382 Lêonâre

LBAMDRB «/ /« troîs outres acteurs parlent et disent chacun leur couplet en méme''tems.

Monsieur, cMtoit la veille de Saint Roch et de son chien.

Oui c*étoit le jour de la Consomtton*

Q^eux tissus da measottges et de faussetés.

CASSANDBlt.

Colombine m*a-t'eHe été chercher un Commissaire^ morbteu allons donc ua Commissaire.

ISABSLLE.

Sarpédié, ava^t qu'il arrive^ écoutez .inoi mon ch' père, ou je yoi^ tuera^ j'en passerai ma fantaisie, . . > . . ■ , .

GILLES en^chdnt Cassandrê de hattre

Isabelle.

Tout doux, père CassaQdre, morguienne écoutons-là pour rire, nous la ferons toujours bien pehdre etécarteler après, nous avons du tems devant nous.

CASSANDRE cn fUreuT,

> Bh' bien de l'entendra; qu'est-ce que cela produira corbieu .•*

ISABELLE avec plus de fureur.

Eh corfoieu mon père, cent fois corbieu cela produira que vous sçaurez que je suis yotre fille^ que ye me déclare grosse des œuvres de votre autre fille.

GA88A1IXÏRB.

De mon autre fille*

ISABBLLB.

£h oui corbieu, de votre autre fille, qui n*est qu'un garçon déguisé qui se nomme Plgnace de Leandre.

CASSANDRE en fureur.

Cent diables ; commentée peut-il i

Pendant qu'Isabelle parle à Cassandre, il est. tourné de son côté, ce qui donne le tems à Leandre de quitter son habit de femme, et de paroHre au naturd, tHle qu'étoit Isabelle en se travestissant, de sorte que Cassandre se retournant, et voyant Leandre, dit»

C^joi diables il se peut.

GILLES regardant Leandre.

Terre, mer, air, j'aurois été amoureux d*un garçon ; quel insecte.

LEANDRE. ' '

Eh bien, Monsieur, voilà l'énigme, je suis Leandre, vous me connoisse?^ . A4*mseile

3B4 Leottâre

votre fille me connoît, et Je - U connoîs aussi moi, puisqu'elle est aussi grosse de moi ; tout cela fait que cela fait un état dans lequel on ne refuse gueres sa fille en m*riage.. ainsi ma demande...

CAS8A1IDIIÏ«

Eh bien moi. Monsieur, en attendant que je la tue, je vous U refuse morbieu.

LEAKDRt.

Comment Monsieur.

ISABELLE

Commet mon père.

CASSANDRE

Ecoutez Gilles mon ami ; si je n'assomme pas œtte impudiquer^Ià, c'est que fen reuz fiaire Totrè femme; 'ce.ft'e6t pas par rapport ^à «en fruit au:moiti6>

GILLES

Ah tuez-là sans façon, Monsieur, que je ne vous gêne point d|^s c^ fait-là, moi je n'y prens ni n'y mets.

UtANMtSr

Je le crois bien., . . -

- ISABELLE. '" ' -

<A^p«remmenrti'

grosse. 385

CASSANDXB*

Je le sçals bien^ mais je vous ai juré que vous épouseriez ma fille, corbieu je suu homme d'honneur, grosse ou non, vous l'épouserez.

GILLES

Ecoutez la raison, père Cassandre, je ne suis point niais, depuis que je vois que Mamsèlle votre fille est grosse, dame il me vient de terribles soupçons sur sa sagesse, et je ne Tépouserai pas.

CASSANDRB.

Par la sangieu vous l'épouserez, ou vous serez un malhonnête homme, vous avez parbieu juré.

GILLES

Eh bien je dé jure.

CASSANDRE

Comment morbieu, comment ventrebîeu ; mais c'est être un coquin de parjureuz.

GILLES lui criant aux oreilles.

Mais la grossesse, la grossesse.l. que diable, quand on vous met le nez dessus

dessus mes raisons.

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