‹ Théâtre des boulevardsChapitre 2 sur 156 · ARLEQUIN , LEANDRE · texte numérisé non relu

ARLEQUIN , LEANDRE

ARLEQUIN

NON, Monsieur, vous dis-je, |e ne vous servirai pas davantage, et voilà votre habit que je vous rends.

LEANDRE

Quoi, mon cher z'Arlequin, tu n'as non plus de pitié de mon amour que d'un chien de mort.

Le Remède

ARLEQUIN

J'en suis fou tout autant que de vous , Monsieur, il y a quinze jours que j'y travaille inutilement.

LEANDRE

C'est-z'à-dire que tu m'auras frotté le cul de miel pour m'abandonner z'aux mouches ?

ARLEQUIN

Comment diable voulez-vous que je fasse, Monsieur, le Tuteur est défiant, Isabelle est une imbécile, et vous êtes un sot, il n'y a si bonne fourberie qui n'ait besoin d*aide.

LEANDRE

Eh bien, je te promets que j'aurai de l'esprit aujourd'hui tant que la journée durera; faits moi parler tant seulement z'une fois à la charmante z'Isabelle.

ARLEQUIN

Tenez, Monsieur, je veux bien me mêler encore aujourd'hui de vos affaires ; mais il faut que vous mettiez Gilles dans vos intérêts, c'est votre parein ; et quoiqu'il ait quitté le service du bon homme Casisandre, il a toujours conservé de Tautorité sur sa vieille cervelle. Allez lui faire votre visite.

à la Mode,

et revenez au logis je vais y retourner pour y ruminer une fourberie que j'ai imaginée, et pour prendre l'avis d'un de mes amis qui m'y attend.

LEANDIB.

Quel est cet ami ?

ARLEQUIN

C'est le demi muid de vin qui est à la cave, il me parle toujours à cœur ouvert.

Adieu Monsieur.

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