SCENE IL JEAN BROCHE, ISABELLE
JEAN BROCHE
Isabelle, ma charmante.
ISABELLE à part,
Puis-je seulement deviser un moment toute seule i
JEAN BROCHE
OÙ êtes-vous donc^ mon incomparable ?
ISABELLE à part.
Diantre soit du vilain (haut), He bien ici, bon homme, qu'en voulez-vous faire ?
JEAN BROCHE
Je m'en vais te trouver.
ISABELLE à part.
Le beau premier qui se présentera pour avoir mes amours, foi de fille d'honneur, il les aura : qu^il en vienne, et nous verrons beau jeu.
JEAN BROCHE
Pourquoi donc quittez-vous la maison de votre cher époux ? Pourquoi, ma mignonne, vous levez-vous si matin i
Magicien, ^ 91
ISABELLE
Parce que je ne fais que dormir avec vous.
JEAN BROCHE
Vous aurez le teint bien plus reposé.
ISABELLE
Je me soucie vraiment bien de mon teint, il y a bien d'autres besognes à retourner à une nouvelle mariée.
JEAN BROCHE
Hé bien, ma mie, nous les retournerons.
ISABELLE
Hé quand ? la semaine des trois jeudis.
Laissez-moi m'en aller.
JEAN BROCHE
Où voulez-vous aller comme c'a toute seule ?
ISABELLE
Je veux tantôt aller au bal chez le Maître à danser du quartier.
JEAN BROCHE à part.
Ne seroit-ce pas plutôt chez une Maîtresse, répéter le branle du cul ? [à haut) Non, je vous dis que je ne veux pas que vous alliez au bal. Quoi faire i ricaner, babiller,
g2 Leandre
frétiller des fesses et des pieds. Je ne veux pas absolument que vous y alliez au bal, moi.
ISABELLE
Et je vous dis, moi, que j*irai.
JEAN BROCHE
Si je prends mon bâton.
ISABELLE
Prenez, prenez, vous ne sçauriez prendre autre chose.
JEAN BROCHE
Adieu, je rentre, car je me mets tout en feu.