SCENE IV
LEANDRE, GILLES
GILLES
OH là ! que pensez-vous qu'une grosse tête a de cervelle, qu'un gros cul a de sentence» et qu'un fessier a de sentiment ?
LBANDRE.
Laisse-là, je te prie, ces questions difficiles, et qui ne servent qu'à tourmenter les esprits.
GILLES
Monsieur, Monsieur, je suis arrivé ici en poste dans un mannequin pour vous maintenir tête à tête, comme Fourbisseurs, barbe à barbe, comme culs qui s'entrebattent.
LEANORE.
Eh bien, quoi i car tu as une éloquence de bouches....
GILLES
Vous me pardonnerez. Monsieur, j'en ai encore une autre. Mais enfin. Monsieur, je voudrois sçavoir pourquoi Thomme est plus vif en Hyver, et la femme plus chaude en Eté ?
94 Leandre
LEANDRE
Tu prends vraiment bien ton tems pour me faire une question si difficile, à présent que j'ai queuque chose en tête maintenant, et que je suis le plus chaud de tous les hommes.
GILLES
Vous avez chaud. Monsieur, allons boire un coup.
LEANDRE
Ce n^est pas là dont il retourne, je suis amoureux.
GILLES
Vous êtes amoureux, allons nous bail gner.
LEANDRE
J'en ai vraiment bien le tems, je suis amoureux de la charmante z'Isabelle not' voisine, la femme de ce vieux Monsieur Jean Broche.
GILLES
Voilà bien une autre paire de chausses.
LEANDRE
Il faut absolument qu'elle m'aime, je ne lui ai point encore dit.
Voulez-vous que je lui dise, moi ? j'aurai bientôt fait.
Magicien, gb
LEANDRE
Non, ce seroit tout gâter, mais je veux auparavant m'entretenir avec Monsieur Jean Broche ; j'imagine un moyen pour en venir à mon honneur.
GILLES. '
Et pour arriver au sien.
LEANDRE
Vas frapper à la porte, te dis-je, et le prie de descendre pour recevoir la visite 'd'un Gentishomme qu'il n'a pas encore vu.
GILLES
Hola, Monsieur Jean Broche.