II
io6 Leandre
(Ils boivent toujours embrassés, en disant : ) Cela est bon.
GILLES
Pardienne, donnez-m*en aussi un peu à moi.
LEANDRB.
Est-ce quMl te manque quelque chose à toi?
GILLES
Nenni, ma ficque, mais jamais on a trop de c'a, demandez plutôt à ces filles ?
{Ils boivent tous et s*enyvrent. Las^s^i dty^ vresse, Isabelle est moins yvre, cependant elle tombe dans les bras de Jean Broche en faisant un tableau tendre avec lui, pour lors Leandre la baise.)
ISABELLE
Quoi! déjà le remède est fait^ En effet, c'est bien baiser cela.
LEANDRE
Ne dites rien, charmante z'Isabelle, laissezmoi toujours faire.
ISABELLE
Mais vous m*avez fait mal en me baisant trop fort; et pour vous le prouver, je m*en vais vous le rendre.
Magicien. 107
LEANDRB.
Connoissez Leandre qui vous aime à la folie. Venez chez moi.
ISABEIXB*
J*y consens, mon cher Liandre, quittons, ce vieux infirme, et vous, trop aimable enchanteur, venez m'enchanter tout autant que vous pourrez.
LEANDRB.
Mais il faut lui laisser compagnie.
Cest bien dit, vous avez toujours de l'esprit.
(Ils mettent Gilles, qui est tombéyvre, dans un coin du Théâtre, précisément à la place d*U sabelle, et faisant le même tableau.)