CASSANDRE, ISABELLE, LE CHARBONNIER
CASSANDRE
\TOus sçavez, mon compère, tout ce qui a été dit entre nous; ainsi nous n'aurons point de dispute, mais il faut auparavant voir si »a marchandise vous convient.
i38 Blanc et Noir.
LE CUARBONjfIBR.
C'est parler comme la Préface, Monsieur Cassandre^ mais l'honneur de vot* alliance.
CASSANORE*
Tenez, la v'ia; dame, ça n'est ni tortu, ni bossu.
LE CHARBONNIER
Ne vous mettez pas en peine^ je la ferons marcher dru.
CASSANDRE
J*ai lieu de croire que vous en serez content, et qu'elle vous le rendra bien. Isabelle, approchez^ saluez Monsieur.
ISABELLE criant.
Ah! {Elle s'enfuit, Cassandre et le Charbonnier courent après elle.)
CASSANDRE
Mais à qui en avez- vous donc, petite fille, de courir comme c'a .'
ISABELLE
Mon cher papa, c'est que j'ai peur.
CASSANDRE
Et de qui ?
Blanc et Noir, 189
ISABELLE
Du diable, mon cher papa.
Elle est comtne ça joviale, je suis bienaise que vous la voyez dans sa belle humeur.
LB CHARBONNIER
En vérité, Mamselle....
ISABELLE
Ah, ah, je suis perdue, le diable me parle.
LE CHARBONxNIER.
Mais, Mamselle, si vous vouliez.
ISABELLE
Ah, père dénaturé, qui veut comme c'a donner sa fille au diable! vous êtes un sor* cier, Monsieur Cassandre; â, que cela est vilain à votre âge! J^irai faire ma plainte à la Justice tout à stheure.
CASSANDRE
Moi sorcier! moi, mon compère? hélas!
tout le monde sçait ce qui en est.
LE CHARBONNIER
Non, mon compère, vous n'êtes guères le maître cheux vous, à ce qu'il me paroît.
140 Blanc et Noir,
CASSAND&B.
Ah, que vous me pardonnerez. Vous allez voir, vous allez voir.
LE CHARBONNIER
Il n*en est pas besoin pour le présent, mon compère, j^ai quelques affaires au Port, je nous verrons toujours une autre fois, (à part). Mordienne, il y a queuque chose làdessus, c'a n'est pas naturel de me prendre comme c'a pour le diable.