SCENE V
LEANDRE, ISABELLE
LEANDRE
EN vérité, Mamselle, vot' cher papa se fiche de vous. Comment? vouloir vous donnera z'un Charbonnier qui ne peut jamais avoir du linge blanc.
ISABELLE
Que voulez-vous, mon cher z'amant, ce n^est point de ma faute ; mais vous voyez de la manière comme j'en agis pour vous, car autrement, que m*importeroit à moi ? C'est le compère à mon papa, et c'est un homme établi qui vous épouse comme un autre; on fait après c'a comme on veut.
Bianc et Noir. 141
LBANDRE.
Pour ce qui est de ç*a, Mamselle, je ne souffrirai point que vous deveniez une Char* bonniêre, il n'y auroit plus de moyen de TOUS approcher.
Cela z*est vrai, c'a gâteroit tous vos beaux habits; mais en le prenant pour le diable, n'ai-je pas fait une belle finesse ?
LBANDRE.
Jamais on ne s'est avisé d'une finesse plus subtile. Sans cela, par la mort, il n'auroit péri que par ma main.
ISABELLE
Je ne veux point vous mettre dans le danger, mon cher z'amant, de tuer queuque
LBANDRE.
^n, Mamselle, ce n'est point un Epétier, je vous l'aurois embroché comme une mouche.
ISABELLE
C*est z*est vrai ; mais après cela, il faut prendre le large.
LBANDRE.
Ma charmante, je vous remercie de me
Blanc et Noir, 143