II
170 La Vache
LEAND&E.
Mais, Paquette, il me semble que je vous regarde.
PAQUETTE
Est-<:e comme ça qu'on me regarde, moi?
est-ce comme c'a que tu m'as regardée, vilain chien, traîne potence, trigaud?
LEANDRE. '
Mamselle, on ne dis point tout c'a à 2'un Gentishomme.
PAQUBTTB,
Va, va, quand tu serois Pape, je t'en dirois bien d'autres.
LEANDRE
Cela z'étant ainsi, je ne dois pas me fâcher, mais je veux au contraire faire z'une bonne paix avec loi, ma chère Paquette.
PAQUETTE
Veux-tu me mener aux Porcherons?
Non, je n'ai pas le tems pour à stheure.
PAQUETTE
Moi je n'ai rien à faire, tu n*as tant seule* ment qu'à parler, j^attendrai tant que tu voudras.
et le Veau, 171
LEANDRB.
Tu sçais bien que je t*ai promis de te faire Nourrice, et que je guigne z'une bonne maison, à celle fin que tu sois contente.
PAQUETTB.
Oui, parce que tu voudras te défaire de moi : mais je ne veux point d'un métier qui contraint comme stila, et tout c'a sont des paroles : stapendant tu me laisses faire ba* carat.
LEANDRE
En attendant aussi je voudrois te marier.
PAQUBTTE,
Et contre qui ?
LBAND&K.
Tu croîs bien que je veux te taire z'épouser z'un cocu ? •
PAQUETTE
Je ne me soucie pas qu'il le soit d^à, je le veux faire moi-même.
LJBANDRE.
n faudra bien que tu le fasses aussi, je ne le prétends pas autrement.
tyi l^ Vache
FAQUETTE.
Est-ce TOuSy mon cher Liandre, que vous voulez me donner ?
LEANDRE
Non pas assurément.
MAQUETTE
Quoi t tu veux me donner z'à un autre {
LEANDRE
Nous n'en serons pas moins tout le fin du jour ensemble; Gilles est z'un de mes amis, qui couche et qui mange cheux moi.
PAQUETTE
Quoi! c*est Gilles que tu veux me faire z'épouserf
LBANDRB.
Oui, ma charmante, (à part») Elle le prend bien, j'ai la fortune bien heureuse.
PAQUETTE à part.
Tu me le payeras. Faisons une feintise pour lui tirer les vers du nez. {fiaut,) Mais tu sçais bien que je suis grosse^
Eh! qu'est-ce que ç^a fait? il ne faut pas le dire à Gilles ? est-K:e que tu crois qu'il le verra ?
et le Veau, 173
PAQUKTTS*
J'ai toujours fait tout ce que tous avez voulu, mon cher Liandre, vous n^avez tant seulement qu'à parler.
LEANDRB.
Via mon père, le bon-homme Cassandre que je veux bien aussi qui loge dans not maison : je vais te faire connoître de lui»
c'est un vieux bon-homme dont tu pourras tirer queuque chose; quand tu n'auras rien de mieux à faire^ j'entends.
PAQOKTTK. '
Il est bien vieux, stila.
LEANDRB»
Dame, ce n'est pas moi qui l'ai fait.