SCENE IL CASSANDRE, ARLEQUIN
CASSANPSE. ^
ARLEQUIN, Arlequin, ce mairaut me fait toujours écrailler la gargamelle après lui.
ARLEQtnN le contrrfahanf, '
Arlequin, Arlequin ; le diable vous emporte. Monsieur, on ne sçauroit dormir. ici vingt-quatre heures en repo^.
CASSANDRE
Viens, j'ai un secret à te dire tout bas en particulier. Monsieur Jean Broche, mon l^on ami, vient d'arriver de son grand voyage, il m'a dit comme tout est en Perse.
ARLEQUIN
Eh bien votre tonneau y est, votre fille voudroit y être. Est-ce que je ne sçavois )pa6 cela avant, lui ?..
CASSANDRIi.
Tu te trompes; la Perse est une Isîe. Tu sçais bien ce que c'est qu'une ISle t
A mbàssadeur. 243
ARLEQUIN
Ouï, Monsieur, je vais souvent à llsle d'Amour qui est un cabaret ici près.
CASSANDRS.
Ce n'est pas tout-à*fatt cela ; mais il suffit que )e te dise, que je * prétens y marier ma fille. Tu sçaîs que depuis quarante ans j'écris les nouvelles à la main, et je n'ai ja* mais manqué de dire du bien du Roi de Perse : j'ai appris qu'il étoit victorieux de celui qui vouloit le désentrôner; et comme il est veuf par la mort de toutes les femmes que la peste a emportées, je veux l'aller trouver et lui présenter ma fille ; sa reconnoissance la lui fera accepter, et nous voilà tous heureux tout du premier coup.
ARLEQUIN
Diable! je ne croyois pas que la peste qui vous crève, fut bonne à quelque chose ; ma fortune sera donc faite aussi ?
CASSANDRE
Sans doute, tu ne te repentiras pas de m'ayoir suivie
ARLEQUIN
Non vraiment, Monsieur, vous sçavez aussi que faute de. mieux, )e vous ai toujours été fort attachéi et si vous ne m'avez pas donné un sol...
144 Leandre
CASSANDRE
Tes gages ont toujours couru.
ARLEQUIN
Oui, de par tous les diables ; ils ont couru si fort que je n^ai jamais pu les attrapper.
Aussi toutes les fois qu'on a voulu vous faire enrager, on s'est toujours adressé à moi ; et si on ne m'avoit pas donné d'argent pour cela^ je vous aime trop pour que je m'en fusse mêlé.