‹ Théâtre des boulevardsChapitre 94 sur 156 · SCENE IL CASSANDRE, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

SCENE IL CASSANDRE, ARLEQUIN

CASSANPSE. ^

ARLEQUIN, Arlequin, ce mairaut me fait toujours écrailler la gargamelle après lui.

ARLEQtnN le contrrfahanf, '

Arlequin, Arlequin ; le diable vous emporte. Monsieur, on ne sçauroit dormir. ici vingt-quatre heures en repo^.

CASSANDRE

Viens, j'ai un secret à te dire tout bas en particulier. Monsieur Jean Broche, mon l^on ami, vient d'arriver de son grand voyage, il m'a dit comme tout est en Perse.

ARLEQUIN

Eh bien votre tonneau y est, votre fille voudroit y être. Est-ce que je ne sçavois )pa6 cela avant, lui ?..

CASSANDRIi.

Tu te trompes; la Perse est une Isîe. Tu sçais bien ce que c'est qu'une ISle t

A mbàssadeur. 243

ARLEQUIN

Ouï, Monsieur, je vais souvent à llsle d'Amour qui est un cabaret ici près.

CASSANDRS.

Ce n'est pas tout-à*fatt cela ; mais il suffit que )e te dise, que je * prétens y marier ma fille. Tu sçaîs que depuis quarante ans j'écris les nouvelles à la main, et je n'ai ja* mais manqué de dire du bien du Roi de Perse : j'ai appris qu'il étoit victorieux de celui qui vouloit le désentrôner; et comme il est veuf par la mort de toutes les femmes que la peste a emportées, je veux l'aller trouver et lui présenter ma fille ; sa reconnoissance la lui fera accepter, et nous voilà tous heureux tout du premier coup.

ARLEQUIN

Diable! je ne croyois pas que la peste qui vous crève, fut bonne à quelque chose ; ma fortune sera donc faite aussi ?

CASSANDRE

Sans doute, tu ne te repentiras pas de m'ayoir suivie

ARLEQUIN

Non vraiment, Monsieur, vous sçavez aussi que faute de. mieux, )e vous ai toujours été fort attachéi et si vous ne m'avez pas donné un sol...

144 Leandre

CASSANDRE

Tes gages ont toujours couru.

ARLEQUIN

Oui, de par tous les diables ; ils ont couru si fort que je n^ai jamais pu les attrapper.

Aussi toutes les fois qu'on a voulu vous faire enrager, on s'est toujours adressé à moi ; et si on ne m'avoit pas donné d'argent pour cela^ je vous aime trop pour que je m'en fusse mêlé.

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