SCÈNE I
la comtesse, seule , jetant les yeux sur sa psyché.
Ma femme de chambre a raison, cetle toilette me sied a ravir. — Quand on est en tête-à-tête avec soi-même,
on peut bien se dire ces choses-la. — Il y aura assaut d’élégance chez la duchesse. — 'Madame de Mongy estsi coquette! — Cette robe sera pour elle un sujet de violent déplaisir. — J’ai bien fait de la mettre. — Le colonel devait venir me prendre a deux heures. — Il est en retard, cela m’étonne. — Je ne reconnais plus son exactitude militaire. — J’ai eu tort de refuserle bras de monsieur de Champvillars , il serait accouru à l’heure dite. — Maudit colonel ! grâce a lui, nous arriverons le concert commencé. Il faudra déranger cinquante personnes pour gagner sa place, traverser un concerto de violoncelle ou un duo de flûte et de hautbois. Est-il rien de plus désobligeant? — Mécontenter tout un salon qui n’aurait pas demandé mieux que de vous admirer, si vous étiez arrivé au bon moment. — Décidément, Monsieur de la Reynière, vous êtes inexcusable, vous me faites manquer mon entrée.