YVONNE, LE CHEVALIER
YVONNE
Chevalier, êtes-vous la?
LE CHEVALIER
Oui , ma charmante Yvonne.
YVONNE
Je me suis échappée à grand’peine... le cœur me bat de frayeur... Est-il parti, ce méchant duc?
LE CHEVALIER
Oui , vous pouvez être sans crainte.
Ah ! ce n’est pas pour moi que je tremble , mais pour vous : il veut vous faire enfermer a la Bastille, il me l’a dit... F uyez !
LE CHEVALIER
Oui, je veux fuir, mais avec vous...
YVONNE
Oh non! cela serait mal...
LE CHEVALIER
Eh bien! je resterai ici, je me ferai prendre, enfermer... Et quand je serai loin de vous, dans une triste prison où je serai bientôt mort de douleur, d’ennui... peut-être me regretterez-vous !
YVONNE
Dites-moi , chevalier, est-ce que c’est bien mal de se faire enlever?
LE CHEVALIER
C’est tout ce qu’il y a de plus naturel.
Je ne serai pas la première ?
LE CHEVALIER
Ni la dernière assurément. Fuyons. Le jour baisse, le moment est favorable. Venez par ici... La porte est fermée !
YVONNE
Ah mon Dieu! nous sommes perdus!
LE CHEVALIER
De l’autre côté... fermée encore... Ah! cette fenêtre je puis descendre et chercher du secours.
YVONNE
Vous allez vous tuer!
LE CHEVALIER
Ne craignez rien.
Il s'élance sur le balcon. On entend un coup de feu.
YVONNE
Ah! mon Dieu, il est mort.