BEGAÜD
Un ange !
Que je ne voyais pas, et que son mari, par parenthèse, a rendue bien malheureuse!
M. BEGAUD.
Ça, je le crois.
Et notez que jamais elle n’a formulé une plainte , pauvre femme !
M. BEGAUD.
Jamais, jamais.
Et, si parfois elle eut quelques inégalités de caractère... quelques... comment dirai-je?...
M. BEGAUD.
Quelques aspérités...
Si elle n’était pas toujours...
M. BEGAUD.
Bienveillante.
MADAME SERVIÊRE.
C’était bien plutôt à lui...
M. BEGAUD.
Qu’il fallait s’en prendre.
MADAME SERVIÊRE.
Et quel homme mon cher oncle, quel homme ! quand j’y pense...
Un triste sujet !
MADAME SERVIÊRE.
Et au fond , si vous vous le rappelez, il n’était point méchant.
M. BEGAUD.
Lui ! le meilleur homme du monde.
MADAME SERVIÊRE.
Croiriez-vous que je l’ai pleuré?
M. BEGAUD.
Je le crois, d’autant mieux que je le pleure encore.
Au surplus, jamais son fils n’a parlé de vous et de M. Servière que dans les termes les plus respectueux.
Je veux bien le croire et l’en remercie; mais pourquoi, lorsqu’il s’est marié, ne pas nous avoir invités ?
M. BEGAUD.
A deux cents lieues !
Raison de plus : il savait parfaitement qu’à son âge, M. Servière n’y serait point allé.