‹ Théatre du Figaro. Avec un rideau dessiné (volume 2)Chapitre 30 sur 77 · DE SAINT-JULES A ENGOILEVEM · texte numérisé non relu

DE SAINT-JULES A ENGOILEVEM

* Paris, ôO juillet 1859.

« Monsieur,

« Le délai que vous m'avez demandé, ou plutôt que vous avez pris, finit aujourd'hui. Je suis à vos ordres. « J'ai l'honneur de vous saluer.

« Saint-Jules. »

d'engoulevent a SAINT-JULES.

« Val-du-Paradis, 2 août 1859.

(( Monsieur,

« J'ai quarante ans, une réputation de bravoure à l'abri de tout soupçon ; Grisier me fait l'honneur de

me compter parmi ses élèves de premier oidre ; sur les sept ou huit rencontres que je n'ai pu éviter dans ma vie, trois ont eu une issue funeste pour mes adversaires. C'est vous dire que je suis placé de manière à ne pas redouter un nouveau duel, surtout dans les conditions exceptionnelles où se présente celui-ci. — Eh bien! monsieur, malgré la gravité de l'offense que j'ai reçue de vous, je renonce à la satisfaction que je vous en avais fait demander primitivement. Je consens à oublier un acte que votre raison a dû condamner et qui, d'ailleurs, a déjà reçu un commencement d'expiation dans les quatre mois de noviciat, infailliblement mêlé d'appréhensions, que vous venez de passer.

« J'espère, monsieur, que vous apprécierez à sa véritable valeur une résolution que je n'ai adoptée qu'après les réflexions les plus sérieuses, basées principalement sur les devoirs de tout homme d'honneur envers la société et envers la morale.

(.( Agréez, monsieur, toutes mes salutations.

« ErvGOyi.EVEiNT. ))

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