‹ Théatre du Figaro. Avec un rideau dessiné (volume 2)Chapitre 32 sur 77 · DE SAINT-JULES A ENGOULEVEKT · texte numérisé non relu

DE SAINT-JULES A ENGOULEVEKT

« Paris, le 8 août 1859.

« Monsieur, « Je ne puis faire autrement que d'accepter les étranges conclusions de \olre dernière lettre. Vous me permettrez cependant de vous en renvoyer quelques termes.— Vous prétendez que, par ma demande d'un délai de trois mois, je vous ai porté un préjudice de diverses sortes. Comptez-vous donc pour rien, monsieur, les désordres profonds dont mon existence se ressent aujourd'hui? J'étais, il y a trois mois, un honnête négociant ; vous avez fait de moi un lihertin. J'ai des maitresses et je n'ai plus d'argent. Je ne vous parle pas de ma santé compromise dans de nombreux adieux au monde, adieux désormais entachés de ridicule par voire détermination. Je vais ressembler à ce monsieur qui, après avoir pris congé d'une compagnie, rentre un quart d'heure après au salon en disant qu'il a oublié sa canne. Préparé à la mort, comme je l'étais, vous me rejetez dans la vie. Croiriez-vous, par hasard, me rendre service?

« Vous avez détruit mon avenir; au besoin, je pourrais vous demander de me faire une rente. J'espèi'e, du moins, que vous aurez la délicatesse d'acquitter la noie ci-incluse.

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