LE CORRESPONDANT ROMANTIQUE
Nîmes. — Rouyière âNimes! Rouvière dans Hamlet et dans la Rdne Maiyot! En apprenant cette nouvelle, nous avons tressailli d'aise! Les temps glorieux du drame allaient donc ressusciter ! nous allions donc nous retrouver face à face avec ces géants de la scène : Shakespeare et Dumas !
Il a paru enfin, le grand artiste ! Il a paru, et tous lo^ fronts se sont courbés sous sa parole comme les épis sous un vent d'orage! Dire l'ampleur, l'éclat, l'originalité que Rouvière a déployés dans ce rôle foudroyant et multiple d'Hamlet, c'est impossible! Nous haletions dans un coin de l'orchestre; nos ongles se crispaient sur notre poitrine, nos dents s'entrechoquaient, nous étions heureux! oh oui! bien heureux, allez!! !
Et quand ce fut le tour de Charles IX, de ce roi assassin, aux veines injectées de haine et de dévotion, comme il fut beau, Rouvière ! comme il fut rayonnant! La salle failht crouler sous les applaudissements. Elle n'a pas croulé, elle a bien fait.
Le maître nous promet pour bientôt Maître Favilla et le Comte Hermann. A bientôt donc I
P. S. — Bardou succédera à Bouvière, comme le rire aux larmes, comme la chanson de Toiseau aux mugissements de la tempête.
Trucival.