‹ Théatre du Figaro. Avec un rideau dessiné (volume 3)Chapitre 60 sur 74 · LE CBAMP DE COURSE · texte numérisé non relu

LE CBAMP DE COURSE

GALIGULA. — Voyez , Monsieur le Marquis , quelle foule ! C'est superbe ! Jamais tant de monde ne s'est vu sous tant de soleil !

MONSIEUR LE MARQUIS. — Vous VOUS expriincz comme un fait-Paris. — Moi qui suis votre aîné, je trouve les courses bien déchues, vraiment, bien déchues.

CALIGULA. — Laissez-moi faire une caracolade devant ces dames. (Il caracole,) *

MARIE. — Mon ami Vase Étrusque, comme ou me re-

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garde! Les beaux sourires quand je passe! Cela me rend toute joyeuse.

VASE ÉTRUSQUE. — Voici mou projet. Au moment de la course... Mais vous ne m'écoutez pas, Marie!

MARIE. — Si fait. Continuez. — Les brillants gentilshommes ! Comment appelle-t-on celui qui lorgne de ce côté?

VASE ETRUSQUE. — Jc uc sais. M. dc B..., je crois. Au moment de la course donc, il faudra fuir, — entendezvous?

MARIE, étonnée. — Fuir?

VASE ÉTRUSQUE. — Ouî, Marie, fuir! Fuir par delà les plaines, les montagnes, les fleuves, les villes ! Fuir dans mes forêls, là-bas, tout là-bas, où est la liberté, où est Tamour ! Fuir, toi et moi ! — Comprends-tu quelle allégresse de n avoir plus ni joug, ni entraves; de vivre fier, indompté, loin du regard des hommes ! — Écoute : après la deuxième haie, je sais un chemin qui longe le bois ; bon gré mal gré, je laisserai mon cavalier dans les buissons ou dans la rivière. Tu me suivras.

MARIE. — Y songez-vous? Renoncer à ces fêtes, à cet enivrement ! . . .

VASE ÉTRUSQUE. — Vous hésitcz, Marie? L*éclat et le monde ont sur vous un trop grand empire, je le vois. Ah! je suis un cheval bien malheureux !

MARIE. -— Je vous suivrai. Vase Étrusque.

MONSIEUR LE MARQUIS, à puTt. — Elle a étouffé un soupir, c'est bon signe. (Hauty à Caligula.) Eh bien, mon

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cher Caligùla, quand aurez-vous fini vos courbettes et vos ruades? D*honneur, on vous prendrait pour un cheval savant^ Que signifient ces balancements de télé et ces mouvements de valse? Nous ne sommes pas îsur un champ de foire ici, et c'est peu digne ie votre blason de vous conjporter de la sorte. Il y a des bornes A tout, que diable ! Vous posez trop, mon cher; je vous le dis en camarade, vous posez trop !

CALiGOLÂ, à part, — Hum ! ce mauvais plaisant ne me revient pas du tout.

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