‹ Théatre du Figaro. Avec un rideau dessiné (volume 4)Chapitre 23 sur 70 · A L'ORCHESTRE D UN PETIT THÉÂTRE · texte numérisé non relu

A L'ORCHESTRE D UN PETIT THÉÂTRE

UN SPECTATEUR. — Vlan! et vlan!

UN AUTRE SPECTATEUR. — Misérable !

VOIX. — Séparez-les... Messieurs, voyons, messieurs! {Tumtdte.)

DES VOISINS. — Qu'est-ce que c'est ? . v

m INDIFFÉRENT. — Uue paire de giffles.

LES VOISINS. — Et sait-on pourquoi?

l'indifférent. — C'est un monsieur qui réclame sa stalle, je crois.

LA CLAQUE. — A la porte ! à la porte !

M. HOVAis. — Je ne comprends pas que des gens sensés se laissent aller à des écarts aussi répréhensibles...

70 TIIÉATllE DU FIGARO

On ne vient pas au théâtre pour se disputer .. Il y a d'autres endroits. (Il se mouche,)

r UN APPARTEMENT DE GARÇON

sAiKT-JDLEs, à detix témoins. — Messieurs, je ne me dissimule pas la gravité de Toffense que j ai faite hier soir à H. Engoulevent; mais, loin de m'en trouver marri, vous me voyez au contraire parfaitement convaincu de mon bon droit et de la nécessité de mon moyen de répression. M. Engoulevent, que je n'avais jamais vu de ma vie avant la première représentation des Hussards de Vamour^ a eu le tort immense de s'incruster dans mon fauteuil d'orchestre, n° 71, sous le frivole prétexte que je ne l'occupais pas, et le tort non moins exorbitant de se refuser ensuite à ma légitime réclamation. C'est alors que j'ai infligé à M. Engoulevent un châtiment spontané, dont je m'applaudissais encore tout à l'heure, en faisant ma barbe. Je n'ignore pas les lois du point d'honneur, messieurs : me refusant à regretter ce que vous appelez un mouvement de vivacité, je sais que l'usage m'enjoint d'accorder à M. Engoulevent une satisfaction par les armes. J'obéirai à l'usage. Ce fait acquis, permettez-moi une observation et une demande. M. Engoulevent, à qui appartient, selon vous, le choix des armes, choisit l'épée. Or, l'éducation

incomplète que je dois à ma famille, les nécessités d'une existence souvent précaire, mille hasards enfin, joints à un fond naturel d'insouciance, m'ont toujours tenu éloigne des salles d'escrime. Je n'ai jamais touché un fleuret. J'accepte cependant l'arme de M. Engoulevent, je m'empresse de vous le déclarer. Seulement, ne vous parait-il pas convenable, aussi bien pour M. Engoulevent que pour moi, de m* accorder un délai déterminé, afin que je puisse apprendre, sinon à lutter, du moins il tomber avec grâce? Telle est, messieurs, la question que je soumets à votre compétence.

LES TÉMOINS. — Soit, monsicur, nous vous donnons un délai de trois mois.

LA vie EN PARTIE DOUBLE

Le théâtre est coupé en deux, comme dans Indiana et Charlemcgne et Uomoir^ voisin,

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