CORRESPONDANTS DRAMATIQUES
J'assistais l'autre jour aux derniers moments d un journal de théâtres. — Le Binocle^ « organe des intérêts artistiques, moniteur des spectacles, écho des cou* lisses, k cessait de paraître au milieu de sa deuxième année. Je n'essayai pas de consoler le rédacteur en chef à l'aide de quelques paroles banales. Les grandes douleurs sont muettes. Je lui serrai la main, — et nous nous comprimes dans un coup d'œil.
Forcé de céder le jour même la place à un journal concurrent, qui s'était engagé à servir les abonnés du Sinoclej le rédacteur en chef faisait ce qu'on appelle Vulgairement ses paquets; il mettait dans ses poches les plumes, les canifs, les pains à cacheter, les lettres avec cet en-tête imprimé : Cabinet de la rédaction, A un moment donné, il regarda avec attendrissement sa grande paire de ciseaux : il la porta pieusement à se:5 Livres,
c'est l'histoire d'un lancier français, nommé Stanislas, à qui son colonel expirant a remis sur le champ de bataille un portefeuille, en lui recommandant d'en faire bon usage. Le lancier s'arrête dans une auberge qu'il a rintention d'exploiter pour son propre compte, mais il renonce à ce projet en faveur du jeune paysan Michel. Une actrice dé la troupe s'étant trouvée subitement indisposée, c'est le régisseur qui a dû lire le rôle de Christine. La pièce n'y a pas perdu : M. le régisseur a mis beaucoup de sentiment dans sa dict'on, et il a été 'N rappelé avec les autres acteurs.
Nous avons eu Iqt surlendemain la Grâce de Dieu; c'est UH mélodrame tellement compliqué que vous me pardonnerez de ne pas vous en faire l'analyse. 11 y a du pathétique dans plusieurs endroits, et le style est coulant en général. Madame Dubuc, qui jouait Marie, a captivé les suffrages de tous les connaisseurs.
Connaîtriez-vous par hasard les Deux divorces? \oi\k un petit bijou ! 11 serait à souhaiter que tous nos auteurs prissent modèle là-dessus. M. Battuécas, le directeur, a été impayable en père Lefèvre, surtout lorsqu'il est en ribote et qu'il veut se séparer de sa femme. C'était la nature prise sur le fait. Madame Battuécas a aussi bien du mérite.
La troupe a fait ses adieux en rejouant, à la demande générale, Fra Diavolo ou VHôtellerie de Teiracine. A la fin de l'ouvrage, on a jeté à madame Battuécas une couronne avec ces quatre vers :
TUÉATHE DU FIGARO
A vous nos souvenirs, ravissante sirène !
], Tous les cœurs de Painibœuf vous proclament leui* reine; iRerenez donc parmi notre population :
Voas nous délasserez de nos occupations.
L'auteur de ces jolis vers est, dit-on, le propriétaire
^*hôtel du Commerce.
i parle de l'arrivée prochaine d un acteur célèbre, (lé Bardou. J'irai Tatteiidre au bateau à vapeur.
Paty-Boolai.
YI