SCÈNE PREMIÈRE M. LAMBERT THIBOUST, M. PONSARD
UN VALET DE CHAMBRE, annonçant. — Monsieur Ponsard!
M. LAMBERT THIBOUST. — Pas possible ! (Se levant,) Que bénis soient les dieux qui m'envoient un pareil hôte! Mon humble toit va se changer en temple.
M. po.NSARD, — C'est Liofi, c'ost bicii, ma vieille.
M. LAMBERT THiBousT, à part. — Sa vieille? (Inquiet.) Est-ce à monsieur Fonsard... Francis ou François Ponsard... que j'ai l'honneur de parler?
M. PORSARD. — Allons, ne me faites pas poser.
M. i-AMBERT THIBOUST, insistatit, — L'autcur de Lucrèce et d Agnès de Méranie ?
II. POKSARD. — Eh non ! m )n cher bon, mon excellent bon, — Fauteur de Ce qui plaît aux Dames.
M. LAMBERT TiiiBOusT, avec un soufire. — Une infidé- Uté à Melpomène.
M. PONSARD. — Melpomène... Philomèle... n'allez-vous pas finir? Quand je vous dis que j'ai dépouillé le vieil homme !
u. LAMBERT THIBOUST. -.— Avcz-vous vcudu sa pcau, au moins?
M. PONSARD. — Ah! c'est un mot! — Peau de l'ours, n'est-ce pas. ^ — Têtebleu! vous êtes déleclable, mon cher!... Eh bien! c'est justement pour faire des mois que je viens vous trouver. Vous vous y entendez, je le sais; vous avez le truc, comme on dit au café des Variétés. Il faut que nous fassions quelque chose ensemble !
M. LAMBERT THIBOUST, épouvanté, — Une tragédie!
M. PONSARD. — Là, là, qui diable vous parle de tragédie? La tragédie est coulée, mon bon. C'est une affaire réglée. — Asseyons-nous sur Agamemnon et n'en parlons pluo.
M. LAMBERT THiBousT. - - Asseyons-Hous SUT Agameiiinon, je le veux bien.
M. PONSARD. — C'est un vaudeville que je viens vous proposer, une pochade, quelque chose de rigolo,