I-E CONCIERGE. — Moi
Ï.E POETE. — Comme aliéné. Mais je préfère vous éle- "V^r* à la hauteur d'un ami. Je vous pardonne. Mathias, ^'^ es l'ange du cordon !
lE CONCIERGE. — Ah! moiisicur ! (U se jette sur la "^^^mn du poète et la baigne de larmes.)
lE roËTE. — Dans mes bras ! (Il ouvre ses bras au
concierge^ qui s'y précipite, — La sonnette tinte de nouveau.) Qui vient troubler notre effusion?
LE coNciKRGE. — Je sais ce que c'est. C'est le propriétaire qui attend sur le palier.
LE POÈTE. — Sur le palier. . . le propriétaire ?
LE CONCIERGE. — Il désire instamment vous être présenté. (Entrée respectueuse du propriétaire,)
LE PROPRIÉTAIRE. — Monsieur, je vous supplie d'oublier un malentendu que je déplore de toutes mes forces. Votre appartement est loué, il est vrai, mais j*ai à vous offrir, aux mêmes conditions, quatre chambre» au premier étage, avec balcon sur la rue et la jouissance^ de mon jardin.
LE CONCIERGE, bas au poëte. — Sa fille est charmante.
LE POETE, de même, — Tais-toi, Mathias.
LE PROPRIÉTAIRE. — J'aimc Ics lettres, monsieur, et lorsque vous voudrez bien me faire l'honneur d'assister à nos petites réunions de famille, ainsi que je l'espère, vous verrez chez moi vos œuvres complètes, reliées en maroquin et doublées en tabis. Ah ! vous avez un beau talent, monsieur! Je le disais encore l'autre jour à ma femme.
LE CONCIERGE , hos au poète. — Sa femme est délicieuse.
LE POETE, de même. — Tais-toi, Mathias.
LE PROPRIÉTAIRE. — Vous êtcs Tenchantement de nos soirées d'hiver. — A propos, avez-vous déjeuné?
LE POETE. — Pas encore.
LE PROPRIÉTAIRE. — Comme c'est heureux !
LE POETE, amer. — Vous trouvez?
LE PROPRIÉTAIRE. — Certainement , puisque je vous invite. Allons, venez, mon jeune ami. (Us sortent.)
LE CONCIERGE, seuL — Seigueur ! Seigneur! vous êtes grand et miséricordieux ! {H essuie les meubles avec son plumeau.)