‹ Théatre du Figaro. Avec un rideau dessinéChapitre 62 sur 116 · LES NOUVEAUX DJINNS · texte numérisé non relu

LES NOUVEAUX DJINNS

C'ett reiMim det Djinns qui patte.

ViGTM Bmo. Orimêkt,

Habflle!

J*en sors, Tranquille De corps. — Je sonne :

Ma bonne Raisonne...

Je dors.

Quelqu'un grogne; C'est, croit-on, D*un ivrogne Le fesion.

C'esl la plainte Presque éteinte De l'absinthe Chez Pilon K

La Toix moins finèle Semble un galop; Dans ma cervelle Ai-je un grelot?

Ainsi s*ëlance Et recommence Une romance Dans un goulot.

La rumeur approche ; L'écho la redit :

Est-ce Rigolboche Que l'ori applaudit?

Est-ce sous un porche (Sax tenant la torche) Wagner qu'on écorche Avec du Verdi?

Dieux ! la horde grimpante i

Des créanciers ! — Quel trac ! i

Fuyons dans la soupente I

Où je mets mon cognac ! I

* PfttiMier nocturne, à quelque distance du Uiéftlre des Variété | il a la permission de deux heures.

THÉÂTRE DU FIGARO «ft

Leur fourberie insigne

A forcé la consigne

Chez mon concierge indigne. —

Ah ! portier de Jamac !

Ciel t la porte et la fenêtre Ont cédé sous leur effort, Et le premier qui pénètre Cherche en Tsin mon coffre-fort.

Avant que je la verrouille.

Dans l'armoire à glace il fouille. Pour découvrir la grenouille Dont jamais le chant ne sort.

Le bottier dit : — Rends-moi mes bottos! Le tailleur dit : — Rends-moi mon frac! Tous répètent : — Voici nos notes !

Tous demandent : — As-tu le sac?

Seul, dans son farouche délire, U traiteur, étouffant son ire :

— C'est pouHant moi, semble-t-il dire, Qui l'ai fait gros comme Balzac !

Pendant ce chœur, saisissant mes lunettes, Qui reposaient à côté de mon l't.

Je reconnais leurs atroces binettes :

Un créander ne fut jamais joli.

Deux créanciers forment un couple blême;

S34 THiATRE DU FIGARO

Trois créanciers sont U laideur extrême ;

Mais cinq« mais dix, mais irhugt, — c'est l'enfer même !

Or j'écoutais leur langage impoli :

— Oui, c'est un libertin ! — Sa conduite est infime !

— Il refuse sa porte et se lève à midi !

— Il court les Casinos ! — Il a plus d'une femme !

— Monsieur fait pince-nez! — Monsieur joue au dandy ! -- Il rit de nos sueurs et n'en prend qn'à ses aises!

— Il faut à son diner de l'ai sur les fraises !

— Au café du Helder je l'ai yu, sur deux chaises, Ëcorchant une glace à l'air du soir tiédi.

Je suis né bon, j'ai la mansuétude, Et volontiers je me laisse raser. De ces refrains, d'ailleurs, j'ai l'habitude; Rien ne saurait plus me mécaniser ^ Mais cependant, flairant l'impertinence T>e ces butors enivrés de finance, Je secouai le joug de ma créance :

Sur mon séant on me vit me poser.

— Qui m'a fait ces polichinelles?

M'écriai-je, en sentant monter Un litre rouge à mes prunelles Que le courroux vient dilater;

* Mécaniser^ raier, expressions parisiennes qui attendent un tour d'entrée à la porte du Dictionnaire de l'Académie.

TRilTRE DU PI6AII0 «S

Est-ce donc ici la coutume D'entrer, à Theure où Ton s'enriiume»

Chez les modestes gens de plume, Comme s'ils venaient d'hériter?

Alors, d'une voix qui tance, Je dis à ce groupe amer :

— Remportes votre quittance !

Vous voyez ce revolver :

Le premier qui me tutoie, Sous mon talon je le broie.

Et je le jette avec joie Par-dessus mon belvéder.

Partis ! — Brûlons du sucre, Et dissipons ainsi L'horrible odeur de lucre Qu'ils ont laissée ici !

Ce n'est pas sain encore ; Mais, quand luira l'aurore, J'irai chercher du chlore.

Merci, mon Dieu ! merci !

D'étranges syllabes N'arrivent encor ; Ces maudits Arabes, D'un commun accord, Ont, sur ma muraille Que leur doigt éraille,

8W THÈATHE DU FIGARO

Mis ce mot qui raille :

f Contrainte par corps ! t

Larves funèbres 1 Laids pâtissiers !

Dans les ténèbres, Mes créanciers Me font comprendre — Surcroit d'esclandre ! — Qu'ils Tont se rendre Chez les huissiers.

Moi, bon nègre,

Pas vouloir

Qu'homme maigre

Et tout noir

Expertise,

Verbalise,

Dévalise

Mon manoir.

Pas bête :

Demain J'arrête Un train, Et nie Pour Lille Oul'Ue Saint Oueni

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