‹ Théatre du Figaro. Avec un rideau dessinéChapitre 7 sur 116 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LAKDRY, descendant l'escalier en fredonnant. — Les dieux m*ont entendu... je leur sacrifierai quelque animal en rentrant chez moi. Ce Bourdensac est le plus charmant des hommes. Une délicatesse! — A aprèsdemain, a-t-il dit. Bah ! quarante-huit heures sont vite passées.

En traversant la cour, il voit le domestique Jean occupé à faire trotter un cheval. Il s'arrête.

JEAN. — Hop ! hop !

LANDRY. — Voilà une jolie béte!

JEAN. — Je le crois bien. C'est Astarté, la jument de Monsieur.

LANDRY. — De Bourdensac? Bourdensac monte à cheval?

JEAN. — Tous les jours, à l'heure du bois; ceitainement. (Flattant le cheval) Allons... là, là... voyons !

LANDRY, inquiet. — 11 a l'air bien ombrageux.

JEAN.* — Ah ! pour cela, je vous en réponds. Il a déjà deux fois jeté Monsieur par terre.

LANDRY. — 0 mon Dieu ! est-ce possible?

JEAN. — J'en sais quelque chose, puisque c'est moi

qui accompagne toujours Monsieur à la promenade. (Contenant le cheval.) Là, là... doucement, bébelle.

LAKDRY. — Mon ami, je vous en supplie, veillez bien sur votre maître, sur Bourdensac... aujourd'hui et demain surtout... S'il albit lui arriver quelque accident! {Il met cinq francs dans la main de Jean,) Promettezmoi de ne pas le perdre de vue. — Maudit cheval ! (/{ s'éloigne )

JBA5. — Soyez tranquille. — Voilà un monsieur qui aime joliment Monsieur ! — Hop ! hop ! . . .

LANDRY, s'en allant. — Bourdensac monte à cheval. .. Comme si c'était une chose bien nécessaire — ou bien amusante ! Risquer de se rompre le cou, au mépris de ses affections... et de ses engagements. C'est faire peu de cas de ceux qui vous sont attachés. On est viveur, soit, mais on est prudent. — Quarante-huit heures, c*estbien long!

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