‹ Théâtre du Petit Château. IllusChapitre 14 sur 90 · SCENE III M. DUVERNET, SOPHIE, MADAMEJ.BOISSY · texte numérisé non relu

SCENE III M. DUVERNET, SOPHIE, MADAMEJ.BOISSY

M. DUVERNET entre, tout essouflé. A Sophie.

Eh ! mon Dieu ! qu'est-ce qu'il y a donc, mon enfant?

SOPHIE, pleurant.

Maman ! ma pauvre maman ! Elle est morte !

M. DUVERNET, se penchant sur madame Boissy.

Morte ! non, chère petite ; le mal n'est pas si grand que cela. Voyons, as-tu quelque chose à lui donner?

SOPHIE

Il y a bien là une bouteille qui vient de chez le pharmacien ; mais il n'y a plus rien dedans.

M. DUVERNET

Diable ! Dis-moi où est le bois que je rallume un peu le feu. Il ne fait pas chaud ici.

SOPHIE

11 n'y a plus de bois, monsieur.

M. DU VERNE T

Diable ! diable ! Est-ce que tu es seule comme cela avec ta maman ?

SOPHIE

Oh ! non, monsieur ! Il y a ma sœur Marie qui est bien plus grande que moi ; mais elle vient de sortir.

M. DUVERNET

Elle aurait mieux fait de rester. Comment cela lui a-t-il pris , à ta maman ?

SOPHIE

Je vais vous dire, monsieur. Ma sœur avait travaillé toute cette nuit pour finir une broderie très-pressée, et ce soir elle s'est endormie dessus. Maman a pris la broderie, et a voulu l'achever. Mais elle est malade, maman, et cela l'a trop fatiguée. Alors, tout à l'heure, elle m'a prise dans ses bras , et puis ses yeux ont tourné , et elle est tombée comme elle est là. (se jetant sur sa mère.) Oh! maman ! maman !

M. DUVERNET , à part.

Pauvre femme ! pauvres enfants ! C'est que je ne sais vraiment pas comment faire! Ma femme ne se trouve jamais mal : je n'ai pas l'habitude de ces choses-là. (Regardant autour de lui.) Il n'y a pas besoin d'être médecin ici

pour deviner la maladie. Et dire que tout cela se passe au-dessus de ma tête ! On ne pourrait pas dormir si l'on savait tout, (a Sophie). Dis-moi, petite, avez-vous de l'argent ici?

SOPHIE

Non, monsieur; mais ma sœur va en rapporter. On va lui en donner pour cette vilaine broderie qui a fait tant

de mal à maman. (Madame Boissy ouvre les yeux et remue les bras.)

Quel bonheur! voilà maman qui revient!

M. DUVERNET, prenant la main de madame Boissy.

Madame ! madame ! Gomment vous trouvez-vous, maintenant?

MADAME BOISSY, retirant sa main.

Monsieur ! Gomment êtes-vous venu ici ?

SOPHIE

C'est moi, maman, qui ai appelé au secours, parce que j'ai eu peur, et monsieur est monté.

M. DUVERNET

Si je pouvais vous être utile en quelque chose, madame, disposez de moi.

MADAME BOISSY

Merci , monsieur ; ma fille va rentrer. Je me sens mieux ; je n'ai besoin de rien. Je regrette que cette enfant vous ait dérangé.

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