SCÈNE II MADAME BOISSY, SOPHIE
SOPHIE
Tu crois, maman, que je n'ai pas entendu? Marie a dit qu'elle allait me faire un petit arbre. Oh ! je suis contente !
(Elle saute de joie.)
MADAME BOISSY
\e fais pas tant de bruit, Sophie; j'ai la tête bien fatiguée.
SOPHIE, courant à elle.
Oh! petite mère, je vais être bien sage, ne crains rien. Je veux te faire aussi bien plaisir, comme ma sœur.
MADAME BOISSY
Ta sœur est une bonne enfant, et toi aussi, ma Sophie. Depuis que votre pauvre père nous a quittées, vous remplissez mon cœur de joie dans mes chagrins.
SOPHIE
Écoute, maman, Marie se fatigue trop, et moi je suis là à ne rien faire : ce n'est pas juste. Je suis maintenant une grande fille, n'est-ce pas?
MADAME BOISSY, souriant.
Sans doute, et après?
SOPHIE
Eh bien! je veux aussi vous gagner de l'argent. (l*j
montrant la robe de sa poupée.) Vois COmme Cette l*obe-là est
jolie ! Je vais en faire beaucoup comme cela, et Marie ira les vendre aux petits enfants plus riches que nous.
MADAME BOISSY, l'embrassant.
Cher petit cœur ! Je vous remercie, mon Dieu ! Me voilà bien pauvre, bien malade; mais j'ai la bénédiction du ciel à mes côtés, (portant ia main à son front.) Oh ! la tête me tourne.
SOPHIE , lui prenant les mains.
Maman, qu'as-tu donc ?
MADAME BOISSY
Laisse-moi, mon enfant; je me S3ns trop faible. Donnemoi une cuillerée de ma potion.
SOPHIE, allant à l'armoire et revenant.
Maman, il n'y en a plus.
MADAME BOISSY, la prenant dans ses bras.
Eh bien ! viens là que je te sente contre moi pour me
réchauffer le Cœur. (Elle se laisse retomber dans le fauteuil.) SOPHIE.
Oh! maman, maman, je t'en prie; n'aie pas une figure comme cela, (eiio l'embrasse.) Regarde-moi, regarde ta petite
bopniC (Madame Boissy laisse aller ses bras, et se trouve mal. Sophie
courant à la porte.) Au secours ! Au secours ! maman va mourir ! au secours ! (Allant à sa mère.) Maman ! maman ! (Allant à ia porte.) Au secours ! au secours !