LA DUCHESSE DU MAINE
Je suis la duchesse du Maine, ma chère enfant.
EUPIIRASIE, à part.
Qu'est-ce que cela veut dire ? C'est drôle ! on dirait la petite Léonie.
la duchesse.
Ma présence vous étonne, mademoiselle. J'ai appris que mon histoire vous faisait peur, et je viens en causer avec vous, là, tranquillement. Figurez-vous que cette peste de duc d'Orléans s'était donné les airs de faire casser par messieurs les Robins du Parlement le testament
du grand Louis XIV, devant lequel ils avaient tremblé tous, du premier jusqu'au dernier, pendant plus de cinquante ans. Mon pauvre bonhomme de mari, que l'on dépouillait indignement, n'avait soufflé mot; mais avec moi, une Gondé, cela ne pouvait pas se passer ainsi. J'avais arrangé une belle et bonne embuscade, et si ce maître sot de Gellamare avait su mieux choisir ses secrétaires, nous enlevions très-bien le cher Régent, avec son abbé Dubois, et la cour déménageait du Palais-Royal à mon château de Sceaux. Ah! on dit que les femmes n'entendent rien aux affaires! J'aurais fait voir un peu de quoi nous sommes capables. Mais que je ne vous dérange pas, mon enfant. Voilà mon lîistoire finie. Continuez de repasser.
(Elle se place sur un coté de la scène. Même jeu final pour les autres personnages.)
EUPHRAS1E.
Tiens, tiens, mais c'est très-gentil, ça. Rien sûr c'est Léonie; j'ai très-bien reconnu ses petites grimaces. Estce qu'il en va venir d'autres? Eh bien! passons à l'histoire du système de Law. (on frappe.) Entrez ! (Entre ie petit bossu de la rue Quincampoix.) Oh ! quel affreux petit bonhomme !