LAME
Faim! soif! tout ce que tu voudras : cela ne me regarde
pas. Marche, mauvais drôle ! (Elle le tire par la corde, n résiste, et finit par se lever brusquement.)
LE CORPS
Il faut que cela finisse. Je ne peux plus vivre comme
Cela. A mon tOur! (Iltirela corde.)
l'ame.
Aïe ! Aïe ! veux-tu bien respecter ta souveraine !
LE CORPS
Ah! tu me pousses à bout! Je te montrerai bien que je suis aussi le maître, quand on me force à le vouloir.
l'ame.
Plutôt mourir ! C'est moi la maîtresse! Le grand Jupiter m'a chargée de ta direction.
LE CORPS
Je voudrais bien lui en parler, à ton grand Jupiter, pour savoir au juste à quoi m'en tenir là-dessus.
l'ame.
Impie ! tu blasphèmes les dieux. Je vais t' apprendre à respecter leur volonté. (bu« tire la corde.)
LE CORPS
Tire tant que tu voudras, (il se couche.)
L'A ME
Grand Jupiter, à mon secours! à mon secours!
M E R C U R E , sortant du buisson.
Qui implore ici le secours de Jupiter?
L' AME
C'est moi, seigneur Mercure. Voilà un faquin qui refuse de m'obéir.
, LE CORPS. Il se soulève à demi.
Seigneur Mercure, enchanté de faire votre connaissance. Vous seriez bien aimable de me débarrasser de ce mauvais petit tyran. Il ne me laisse pas un moment de tranquillité.
l'ame.
Et moi donc ! Si tu crois que c'est bien amusant d'être enchaînée à un rustre comme toi qui ne pense qu'à boire et à manger.
MERCURE
Allons, mes enfants, calmez-vous.
l'ame.
Je ne veux plus de ce Corps-là.
LE CORPS, se levant.
Je veux ma tranquillité. A bas l'Ame! dis tirent ia corde
chacun de son côté.)
MERCURE, prenant la corde par le milieu.
Il vous a été ordonné de vivre en bonne intelligence. Je vous trouve en contravention sur la voie publique : vous allez me suivre devant Jupiter.
l'ame.
Je ne demande pas mieux. Je suis sûre que Jupiter me donnera raison.
LE CORPS
Jupiter est plus raisonnable que toi. Il ne me donnera pas tort.
MERCURE
Vous vous expliquerez devant les autorités. En route !