ILLUSTRÉE
DES FAMILLES
Nos efforts pour créer une bibliothèque des familles ne seront pas stériles. Après la Comédie enfantine (lre série), de M. Louis Ratisbonne, après Y Histoire d'une Bouchée de Pain, de M. Jean Macé, après les Récits enfantins,' d'Eugène Mùller, et les Bébés, de M. de Gramont, nous offrons à nos lecteurs une moisson nouvelle plus riche encore que la première. *
Nous avons fait pour l'année nouvelle un choix qui satisfera,, nous l'espérons, les plus délicats et les plus difficiles.
Une seconde série de scènes nouvelles et inédites de la Comédie enfantine, de M. Louis Ratisbonne, viendra compléter les premières. D'un ordre un peu plus élevé, ces dernières scènes de la Comédie enfantine conviendront à la seconde enfance, tout en restant à la portée des tout petits enfants, et prendront
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place à côté des premières parmi les classiques modernes à l'usage de la jeunesse.
Cela a été une véritable bonne fortune pour nous de rencontrer tout faits ef inédits, dans le portefeuille de l'auteur de YHisLoire d'une Bouchée de Pain, deux ouvrages d'un mérite égal à leur aîné, quoique d'un genre bien différent. Le Théâtre du Petit-Château et les Contes du Petit-Château seront fêtés dans les familles à l'égal de YHistoire d'une Bouchée de Pain. Même charme, même science de style, moralité exquise et ferme en même temps, imagination vive et brillante, simplicité et naturel qui n'avaient pas été retrouvés depuis les Contes de Perrault : tels sont les mérites hors ligne de ces deux aimables ouvrages.
L 'Histoire d'un Petit Parisien, de M. Alfred de Bréhat, entraînera et ravira tous les enfants, tous les parents que le Robinson suisse a entraînés et ravis. Nous ne craignons pas de dire que les Aventures d'un Petit Parisien méritent d'être comparées à cet excellent livre et qu'elles n'ont pas ses défauts. Écrit par une plume allemande et protestante, le Robinson suisse, si parfait de l'autre côté du Rhin , offre quelques longueurs et des dissertations hors de lieu pour des lecteurs français. Nous préparons, pour les premiers mois de l'année prochaine, une traduction nouvelle du Robinson suisse, par M. Mùller, où ces taches disparaîtront, où la science non plus n'aura pas à retrouver les erreurs, en fait d'histoire naturelle par
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exemple, d'une époque qui ne savait pas encore tout ce que nous savons. Le Robinson suisse , ainsi approprié au progrès de notre temps, gardera tous ses mérites et perdra ses imperfections. Nous croyons que lorsque l'édition revue et corrigée du Robinson suisse que nous préparons paraîtra, elle trouvera un digne pendant dans les Aventures de notre Petit Parisien.
Un volume qui ne sera pas moins heureux, nous en avons l'assurance, ce sera celui que nous publions sous ce titre : Les Fées de la Famille, par madame Lockroy. Bien composés, écrits simplement, noblement, les douze contes qui composent cet excellent ouvrage montreront aux plus prévenus que les fées sont encore bonnes à quelque chose, et qu'à l'aide de cette aimable mythologie du xvne siècle, qu'ont et avec tant de raison si fort goûtée nos pères, toutes les vérités utiles, délicates, peuvent être mises sous les yeux des jeunes filles et des jeunes garçons dans notre société contemporaine, de façon à les charmer tout en les instruisant. Ces contes ne renferment pas seulement de bonnes pensées , mais encore des pensées d'une nature élevée ; le merveilleux qui les enveloppe en rendra la lecture très-attrayante pour les enfants, tandis que la pureté de la morale qui s'en dégage les fera goûter des parents.
C'est avec une véritable joie que nous offrons ces divers ouvrages aux mères de famille ; nous leur demandons de vouloir bien les patronner et les répandre.
Nous osons beaucoup pour les enfauls. Le luxe du tond et de la forme, c'est fort cher, mais nous ne craignons pas d'échouer dans noire tâche si nous avons le concours de tous ceux qui aiment sérieusement l'enfance.
Nous serions heureux d'offrir tous ces bons et jolis livres au prix des livres qui n'ont ni le mérite du fond ni celui de la forme, et, comme on dit, pour rien; mais il n'est pas donné à la meilleure pensée de pouvoir produire de bonnes choses sans dépenser. Si le succès continue de couronner notre effort, si notre public se grossit, si nos ventes plus nombreuses nous permettent de faire aussi bien et à meilleur marché, nous n'y manquerons pas. Nous ne craignons pas d'entrer dans ces détails de ménage avec nos lecteurs. C'est une affaire de famille que nous traitons avec eux, et nous ne redoutons pas d'en trop dire à qui peul nous comprendre.
Nous allions oublier deux des joyaux de notre écrin : la Vie des Fleurs, de M. Eugène Noël, s'adresse aux lecteurs de tous les âges, et il méritait à coup sûr de figurer dans notre collection ; et Ce que dit un Grain de Sable, ou la Géométrie de la nature, ouvrage orné de gravures, de Mme Marie Carpentier. C'est là, à coup sûr, l'utile ajouté à l'agréable.
Nous avons donné de grands soins à la forme, à l'illustration, à l'impression de ces ouvrages. — 11 faut plaire et séduire, en vue du bien, ces pelits artistes qu'on appelle les enfants; le bon ayant forme agréable
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ira plutôt à leur cœur, entrera mieux dans leurs petits esprits si amoureux de ce qui leur plaît; nos meilleurs dessinateurs, nos meilleurs graveurs, nos plus habiles imprimeurs, notre plus beau paprer ont été mis en œuvre pour leur plaire dans notre Bibliothèque des familles.
A côté de ces principaux ouvrages, nous citerons encore, pour être offerts aux plus petits enfants, les Bons Petits Enfants, joli recueil de petits contes en prose, de M. de Gramont , pour servir de second aux Bèbès en vers, du même écrivain; une fantaisie charmante, un album, un livre, la Journée de Mademoiselle LUI, œuvre enfantine tant que l'on voudra, où les parents retrouveront les faits et gestes de leurs petits enfants, où les petits enfants, qui ne savent pas lire, se verront comme en un aimable miroir; — et encore les Ombres chinoises, silhouettes amusantes de M. Loréau, dont la gaieté fera rire les grands et les petits.
Nous renvoyons à notre catalogue pour les ouvrages de l'an passé. — Si nous n'avons parlé que des nouveaux venus, cela ne veut pas dire que nous oublions et que nous entendons qu'on puisse oublier leurs aînés : — Picciola, de Saintine; — le Nouveau Magasin des Enfants, quatre séries de contes signés des noms les plus illustres de notre temps; — le Vicaire de Wakefield; — les Enfants, écrin de diamants fait de la fleur des poésies de M. Victor Hugo dont l'enfance
est le sujet, et notre grande édition des Contes de Perrault, illustrés par Doré, qui a été si bien accueillie par tout le monde que la louer serait superflu. Tous les chefs-d'œuvre connus, classiques, viendront successivement compléter notre œuvre nouvelle; notre catalogue renseignera sur ce point nos lecteurs.
Nous voulons que, dans quatre ou cinq ans, notre Bibliothèque des familles soit un magasin commode et parfaitement assorti où les mères de famille viennent puiser de confiance et les yeux fermés. — Nous nous engageons à la plus scrupuleuse sévérité dans le choix des ouvrages qui la composeront; — que si, par impossible, nous nous trompions un jour sur le mérite de quelques-uns, nous les sacrifierions sans pitié, et ils disparaîtraient bientôt d'une collection où tout doit être, sinon parfait, irréprochable.