‹ Théâtre du Petit-Château (volume 2)Chapitre 30 sur 147 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Les MiMEs, GENNARO.

DONA LUCREZIA, à part.

Gennaro!

DON ALPHONSE, 8*«pproe1uait d'elle , bas et aVee

un sonrire.

Est-ce que vous connaisses cet homme?

DONA LUCREZIA, à part.

C'est Gennaro! — Quelle fatalité, mon Bien!

(Elle le regarde avec angoîtee; il détoiDM ki yeux.)

62 LUCRÈCE BORGIÂ.

Monseigneur le duc, je suis un simple capitaine et je' vous parle avec le respect qui vous convient. Votre Altesse m'a fait saisir dans mon logis ce matin; que me veut-elle?

DON ALPHONSE

Seigneur capitaine, un crime de lèse-majesté humaine a été commis ce matin vis-à-vis la maison que vous habitez. Le nom de notre bien-aimée épouse et cousine dona Lucrezia Borgia a été insolemment balafré sur la face de notre palab ducal. Nous cherchons le coupable.

DONA LUCREZIA

Ce n*est pas lai 1 il y a méprise , don Alphonse. Ce n'est pas ce jeune homme !

DON ALPHONSE

D'où le savez-vous?

DONA LUCREZIA

J*en suis sûre. Ce jeune homme est de Venise et non de Ferrare* Ainsi. • • .

DON ALPHONSE

Qu'est-ce que cela prouve?

DONA LUCREZIA

Le fait a eu lien ce matin, et je sais qu'il a passé la matinée chez une nommée Fiammetta.

GBNNARO.

Non, madame.

DON ALPHONSE

Vous voyez bien que Votre Altesse est mal renseignée. Laissez-moi l'interroger. — Capitaine Gennaro, étes-vous celui qui a commis le crime?

DONA LUGREZIA, éperdae.

On étouffe ici ! De l'air I de l'aîrl J'ai besoin de respirer un peu !

(Elle Ta à nne fenêtre, et en passant à côté de Gennaro, * elle lai dit bas et rapidement : )

— Dis que ce n'est pas toi !

DON ALPHONSE, k part.

Elle lui a parlé bas.

GENNARO

Duc Alphonse, les pécheurs de Calabrequi m'ont élevé, et qui m'ont trempé tout jeune dans la mer pour me rendre fort et hardi, m'ont enseigné cette maxime, avec laquelle on peut risquer souvent sa vie, jamais son honneur : « Fais ce. que tu dis, dis ce que tu fais. » Duc Alphonse, je suis l'homme que vous cherchez

DON ALPHONSE, se toarnant vers dona Lacresia.

Vous avez ma parole de duc couronne, madame.

DONA LUGREZIA.

J'ai deux mots à vous dire en particulier, monseigneur,

(Le dae fait signe à l'huissier et aux gardes de se retirer aree le prisonnier dans la salle Toisine.)

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