‹ Théâtre du Petit-Château (volume 2)Chapitre 33 sur 147 · ACTE ir, PARTIE I^ SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE ir, PARTIE I^ SCÈNE IV

pleine de cela. Ki roia ni nation» ne pourraient \ivre un jouravee la- rigidité des serments qu'on tiendrait. Entre nou», Alphonse^ iine parole jurée n'est une nécessité que quand il n'y en a pas d'autre.

DON ALPHONSE

% Pourtant, dona Lucneziaiy un serments. ••

DONA* LU0RB2.fA'.

Ne me donnez pas de ces mauvaises raisans^làk Je nesuis pas une sotte. Dites-moi plutôt, mon cher Alphonse, si voufr avez quelquAa motifs d!en vouloir àaojGannaro. Non! Eh bien! accordex-moi sa vie. Vous m'aviez bien accordé sa mort. Qu'est-ce que cela vous fait? S'il me plait de lui pardonner. C'est moi qui suis Toifensée.

DON ALPHONSE

C'est justement parce qu'il vous a offensée, mouamour, que je ne veux pas lui faire grâce.

nONAi LUCREZIA».

Si vous .m'aimez, Alphonse, vous ne me refuserez pas plus longtemps. Et s'il me plaît d'essayer de la clémence, à moi? C'est, un» moyen de me faire aimer de* votre peuple. Je veux que votre peuple m'aime. Lami* séricorde, Alphonse, cela, fait ressembler un roi à Jésus- Christ. Soyons des souverains misorioordioux. Cettepauvre Italie a assez de tyrans sans nous, depuis. le baron* %icaire du pape jusqu'au pape vicaire de Dieu. Finissons*^ en, cher Alphonse. IVIettez ce Gennaro en liberté. C'est an caprice, si vous voulez ; mais c'est quelque chose de sacré et d'auguste que le caprice d'une femme, quand il sauve la tète d'un homme.

DOV ALPHONSE

le ne puis, chère Lucrôce*.

68 LUCRECE BORGU.

DON A LUCREZIA

Vous ne pouvez? Mais enfin pourquoi ne pouvez- vous pas m^accorder quelque chose d'aussi insignifiant que la vie de ce capitaine?

DON ALPHONSE

Vous me demandez pourquoi, mon amour ?

DONA LUCREZIA

Oui, pourquoi?

DON ALPHONSE

Parce que ce capitaine est votre amant, madame!

Ciel!

DON ALPHONSE

Parce que vous l'avez été chercher à Venise ! Parce que vous Tiriez chercher en enfer ! Parce que je vous ai suivie pendant que vous le suiviez! Parce que je vous ai vue, masquée et haletante, courir après lui comme la louve après sa proie! Parce que tout à l'heure* encore vous le couviez d'un regard plein de pleurs et plein de flamme! Parce que vous vous êtes prostituée à lui, sans aucun doute, madame ! Parce que c'est assez de honte et d'infamie et d'adultère comme cela! Parce qu'il est temps que je ven^^^e mon honneur et que je fasse couler autour de mon lit un fossé de sang, enlendez-vous, madame !

DONA LUCREZIA

Don Alphonse....

DON ALPHONSE

Taisez - vous. 1- — Veillez sur vos amants désormais, Lucrèce ! La porte par laquelle on entre dans votre chambre de nuit, mettez-y tel huissier qu'il vcus plaira ;

Diais à la porte par où l'on sort, il y anra mai u tenant u a portirr de mon choix, — le bourreau!

DON A LUCREZIA

Monseigneur, je vous jure....

DON ALPnONSK.

Ne jureî pas. Les serments, cela est bon pour le peuple. Me me donnez pas de ces n

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