‹ Théâtre du Petit-Château (volume 2)Chapitre 48 sur 147 · ACTE IH, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IH, SCÈNE I

le vin de Chypre. C'est du vin de Syracuse, messeignciws^

GUBETTA, mangeant.

Olofemo est ivre, à ce qn^il parait.

QLOffEUNO.

Mesdames, il faut que je m^iis dise qad«pies vers que je viâisu de £aire. Je y-oudrais être plus poët» cpne je; ne le suis pour célébrer d'aussi admirables) festins.

GUBETTA

Et moi je voudrais être plus riche que je a'ai ThoDiseur de l'être pour en donner de pareils à mes tmis.

OLOFERZIO.

Rien n'est si doux que de chanter une belle femme et un bon repas.

GUBETTA

si ce n'est d'embrasser l'une et de manger l'autre

OLOFERNO.

Oui, je voudrais être poète. Je voudrais pouvoir m'clever au ciel. Je voudrais avoir des ailes....

CrSETTA.

De faisan dans mon assiette.

OLOFERNO.

Je vais pourtant vous dire mon sonnet.

Par le diable, monsieur le marquis Olofemo Vitellozzo! je vous dispense de nous dire votre sonnet. Laissez-nous boire I

OLOFERNO.

Vous me dispensez de vous dire mon sonnet?

GUBETTA

Comme je dispense les chiens de me mordre, le pape de me bénir, et les passants de me jeter des pierres.

OLOFERNO.

Téte-dieu ! vous m'insultez, je crois, monsieur le petit Espagnol.

GUBBTTA.

Je ne vous insulte pas, grand colosse d'Italien que vous êtes. Je refuse mon attention à votre sonnet Rien de plus. Mon gosier a plus soîf de vin de Chypre que mes oreilles de poésie.

OT.OFERNO.

Vos oreilles, monsieur le Castillan râpé, je vous les clouerai sur les talons 1

GUBETTA

Vous êtes un absurde bélître! Fi! A-t-on jamais vu lourdaud pareil? s'enivrer de vin de Syracuse, et avoir Tair de s'être soûlé avec de la bière !

OLOFERNO.

Savez-vous bien que je vous couperai en quatre, par la mort-dieu!

GUBETTA, tout en découpant nn faisan.

Je ne vous en dirai pas autant. Je ne découpe pas d'aussi grosses volailles que vous. — Mesdames, vous olfrirai-je de ce faisan?

OLOFERNO, se jetant sar un couteau.

Pardieu! j'éventrerai ce faquin, fût-il plus gentilhomme que l'empereur !

LES FEMMES, se levant de table.

Ciel ! ils vont se battre !

LES ROMMES.

Tout beau, Oloferno !

(Ils désarment Oloferno qui veut se jeter sur GuUeltii. Prndant ce temps-là, les femmes disparaissent pnr la |>orte laténile.)

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