‹ Théâtre du Petit-Château (volume 2)Chapitre 49 sur 147 · ACTE m, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE I

OLOFEBRO, se débattant.

Corps- dieu !

GUBETTA

Vous rimez si richement en Dieu , mon cher poète, que vous avez mis ces dames en fuite. Vous êtes un fier maladroit.

JEPPO.

C'est vrai, cela. Que diable sont-elles devenues?

Elles ont eu peur. Couteau qui luit, femme qui fuit*

ASCANIO

Bah 1 elles vont revenir.

OLOFERNO, menaçant Gubetta.

Je te retrouverai demain, mon petit Belverana du démon 1

GUBETTA

Demain, tant qu'il vous plaira I

(Oloferno va se rasseoir ea chancelant arec dépit. Gubetta écLite de rire.)

— Cet imbécile I Mettre en déroute les plus jolies femmes de Ferrare avec un couteau emmanché dans un sonnet! Se fâcher à propos de vers! Je le crois bien qu'il a des ailes. Ce n'est pas un homme, c'est un oison. Cela perche, cela doit dorm'ir sur une patte, cet Olofemo-là !

JEPPO.

Là là, faites la paix , messieurs. Vous vous couperez galamment la gorge demain matin. Par Jupiter, vous vous battrez du moins en gentilshommes, avec des é|)ées, ^t non avec des couteaux.

ASCANIO

A propos, au fiait, qu'avons-nous donc fait de nosépées?

102 LUCIU&CE BQRCUL

lion APOSTOLO,

Voua oubliez qu^on nous les a fait quitter dsBS Taiiti-

chambre.

GUBETTÂ.

£t la {urécaution était banne, car autsemenlt mmsiioiis serions battus devant les dames ; ce dont rouginûcsi les ^Flamands de Flandre, ivres de tabac 1

«BNNABO.

Bonne précaution, en effet 1

MAFFIiO.

Pardieu y mon frère Gennaro I voilà la première parole que tu dis depuis le comflMnreme&t da swÊptt, et tu ne bois pas 1 Est-ce que tu songes À Lacrèce Borgia ? 'Gennaro 1 tu as décidément qoelque amourette, avec elle ! Ne dis pas non.

GXnilARO.

Verse-moi à boire, Maifio! Je n^abandonne pois plus ^mes amis 4 table qu'au €e\i.

UN PAGE NOIR, deax flacons k Lt main.

MesseigneuTS, du vin de Chypre ou du vin de Syracuse?

MAFFIO

Du vin de Syiticuse* C'est le meilleur.

(Le page noir reniii>lit tous les verres.) J£RfO«

la peste soit d'Oloiemoi Est-^oe qae oes dames ne Tont pas revenir?

(U vu «nofiOBSÛMmeat ;aux de» |K>rteB.)

— Les deux portes sont JEemiées en «debors, nèsBienrs! N'allez-vous pas Jivoir peur à voire tour, Jeppo!

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