ACTE III, SCENE I
Elles ne veulent pas que nous les poursuivions. C'est tout simple.
GENNARO
Buvonsy messeigneurs.
(Ils choquent leurs Terres.) MAFFIO.
A ta santéy Geonaro I et puisses-tu bientôt retrouver ta mère !
GEMNARO.
Que Dieu t'entende !
(Tous boivent, excepté Gmbetta qui jette son viu par-dessus son épaule.)
MAFFIO, bas à Jeppo.
Pour le coup, Jeppo, je l'ai bien vu«
lEPPO, bas.
Quoi?
MAFFIO
L* Espagnol n'a pas bu.
IKPPO.
Eh bien!
MAFFIO
Il a jeté son vin par^dessos son épaule.
M» est ivre, et toi aus^.
MAFFIO
C'est possible.
GUBBTTA.
Une chanson à boire, messieurs ! Je vais vous chanter une chanson 4 boire qui vaudra mieux que le sonnet du ' marqnis d'Olofemo. Je jure par le bon vieux crâne de mon père que ce n'est pas moi qui ai fait cette chansbn, attendu que je ne suis pas poète et que je n'ai pas l'es-
prit assez galant pour faire se becqueter deux rimes au bout d'une idée. Voici ma chaiisonl"Etle est adressée à Monsieur saint Pierre, célèbre portier du paradis » et elle a pour sujet cette pensée délicate que le ciel du bon Dieu appartient aux buveurs.
JEPPO, bas à Ma£6o.
11 est plus qu'ivre, il est ivrogne.
TOUS9 excepté Gennaro.
La chanson ! la chanson !
GUBETTAy chantant.
Saint Pierre, ouvre ta porte Au buveur qui t^apporte Une voix pleine et forte Pour chanter : Dorriino !
TOUS en chœur, excepté Gennaro.
Gloria Domino !
(Ils choquent leurs verres en riant aux éclats. Tout à coup on entend des voix éloignées qui chantent sur un ton lugubre.}
VOIX au dehors.
Sanctum et terribile nomen ej'us. Initium sapientix timor Domini,
JEPPO, riant de plus belle.
Écoutez, messieurs ! — Corbacque ! pendant que nous chantons à boire, l'écho chante vêpres.
TOUS
Écoutons.
VOIX au dehors, un peu plus rapprochées.
Nisi Dominus cnstodlerit civitatem^ frustra vigllat qui
custodit eam,
(Tous éclatent de rire.)