‹ Théâtre du Petit-Château (volume 2)Chapitre 57 sur 147 · ACTE III, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE III

an pas. Et quant à vos cris, ils ne peuvent vous sauver. Ne venez-vous pas d'ordonner vous-même tout à l'heure que personne n'entrât, quoi qu'on pût entendre au dehors de ce qui va se passer ici ?

nONA LUCREZIA.

Mais c*est lâche ce que vous faites là, Gennaro ! Tuer une femme, une femme sans défense ! Oh ! vous avez de plus nobles sentiments que cela dans l'àme ! Ecoute-moi, tu me tueras après si tu veux ; je ne tiens pas à la vie, mais il faut bien que ma poitrine déborde, elle est pleine d'angoisses de la manière dont tu m'as traitée jusqu'à présent. Tu es jeune, enfant, et la jeunesse est toujours trop sévère. Oh ! si je dois mourir, je ne veux pas mourir de ta main. Cela n'est pas possible, vois-tu, que je meure de ta main. Tu ne sais pas toi-même à quel point cela serait horrible. D'ailleurs, Gennaro, mon heure n'est pas encore venue. C'est vrai , j'ai commis )>ien des actions mauvaises, je suis une grande criminelle ; et c'est parce que je suis une grande criminelle qu'il faut me laisser le temps de me reconnaître et de me repentir. Il le faut absolument, entends-tu, Gennaro?

GENNARO

Vous êtes ma tante. Vous êtes la sœur de mon père. Qu'avez-vous fait de ma mère, madame Lucrèce Borgia ?

DONA LUCREZIA

Attends ! attends ! Mon Dieu, je ne puis tout dire. Et puis, si je te disais tout, je ne ferais peut-être que redoubler ton horreur et ton mépris pour moi ! Écoutemoi encore un instant. Oh 1 je voudrais bien que tu me recosses repentante à tes pieds ! Tu me feras grâce de la vie, n'est-ce pas? Eh bien! veux-tu que je prenne le

116 X.UG]I£€E BORGIA,

vofte? TefDE-tu qoe J€ m'enfenne dan» w ciottre, dis? Voyons^ si Ton ter â&SÊÔt : «r Cetir inaUieBBsme fèranie s^est fiât raser-la fêlei elle couche din» ht ccBdrsv die creuse sa fosse de ses mains, ellie prie Dieii:nait:et jour, non pour elle, qui en^ aurait besoin cependant, mais pottTtety cpû peux;t!ejK passer;, elle fait tout cela, celte fenine,, paunr que tu. abaisses ua jouir snc sa tète un regai'd de miséricoFdey ponr qne. ta laisses tomhei: une larme sur toiiles les plaies vives de son cceor et de son âtne, pour que ta ne kii dises plu:», comme ta viens de le faire avec celte Tioâxplu&sévèEeqjaacelie du. jugement denuer : Foits êtes Lucrèce Bargial » Si l'on te disait cejbh, Gennano, est-ce que tu. aurais le cœur de la repousser? Oh ! grâce ! Ne me tue pas, mao. Gennaro! Vivons tous les< deux, toi pour me pardonner^ moi pour me repentir! Aie quelque ccffiapussion de moi l Enfin, cela, ne sert à rien de traiter sans miséricorde une pauvre misérable femme qui ne demande qu'un, peu de pitié ! — Un peu de* pitié ! Gr&ee de la vie ! — £t puis^ vois- tu lien, mon Gennaro, j« te le dis pour toi^ ce serait vraimAnI lâche, ce que tu ferais là, ce serait un. erkne affireus^ un assassinat ! Un homme tuer une fepime ! Un homme qui est le plus fort ! Oh ! tu ne voudras pas! tu ne voudras pas I

GEMNARO, ébranlé.

Madame I...

DONA LUCREZIA

Oh I je Te vois bien, j'ai ma grâce I Cela se lit dans tes yeux. Oh ! laisse-moi preorer à tes pieds I

UI^ TOIX, an dehors.

Gennaro I

GENNARO

Qui m'apjïelle ?

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