‹ Théâtre du Petit-Château (volume 2)Chapitre 6 sur 147 · GUBETTA, DONA LUCREZIA · texte numérisé non relu

GUBETTA, DONA LUCREZIA

GENNARO, endormi.

DONA LUCREZIA, k part.

11 dort 1 — Cette fête l'aura sans doute fatigué ! — Qu'il est beau !

(Se retournant.)

— Gubetu I

GUBETTA

Parlez moins haut, madame. — Je ne m'appelle pas ici Gnbetta, mais le comte de Belverana, gentilhomme castillan ; vous, vous êtes madame la marquise de Poutequadrato, dame napolitaine. Nous ne devons pas avoir l'air de nous connaître. Ne sont-ce pas là les ordres de Votre Altesse? Vous n'êtes point ici chez vous ; ▼ous êtes h Venise.

DONA LUCREZIA

C*est juste, Gubetta. Mais il n'y a personne sur cette terrassci que ce jeune homme qui dort ; nous pouvons causer un instant.

GUBETTA

Comme il plaira à Votre Altesse. J'ai encore un ôoAseil à vous donner ; c'est de ne point vous démasquer. On pourrait vous reconnaître.

20 LUCRÈCE BOEGU.

DONA LUCREZIA

Et que m'importe ? S'ils ne satent pas qui je suis, je n'ai rien à craindre ; s'ils savent qui je suis, c'est à eux d'airoir peur.

GUBETTA

Nous sommes à Venise, madame ; vous avez bien des ennemis ici, et des ennemis libres* Sans doute la république de Venise ne souffrirait pas qu^on osât attenter à la personne de Votre Altesse ; mais on pourrait vous insulter.

DONA LUCREZIA

Ah 1 tu as raison ; mon nom fait horreur, en effet.

Il n'y a pas ici que des Vénitiens ; il y a des Romains, des Napolitains, des Romagnols, des Lombards, des Italiens de toute Tltalie.

DONA LUCREZIA

Et toute l'Italie me hait I Tu as raison ! Il faut pourtant que tout cela change. Je n'étais pas née pour faire le mal, je le sens à présent plus que jamais C*est Texemple de ma famille qui m'a entraînée. — Gubetta !

GUBETTA

Madame.

DONA LUCREZIA

Fais porter sur-le-champ les ordres que nous allons te donner dans notre gouvernement de Spolette.

GUBETTA

Ordonnez, madame ; j'ai toujours quatre mules sellées et quatre coureurs tout prêts à partii\

DONA LUCREZIA

Qu'a-t-on fait de G aléas Accaioli ?

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