ACTE I, PARTIE I, SCÈNE III
Dominum! — SaTez-voDS, madaïAe, que je ne vouscompreods plnSy et que depuis quelque temps yous êtes deveoue indéchiffrable pour moi ? Il y a un mois. Votre Altesse annonce qu^elle part pour Spolette, prend congé de monseigneur don Alphonse d'Esté, votre mari, qui a du reste la bonhomie d'être amoureux de vous comme un tourtereau et jaloux comme un tigre; Votre Altesse donc quitte Ferrare, et s'en vient secrètement à Venise, presque sans suite, affublée d'un faux nom napolitain, et moi d'un faux nom espagnol. Arrivée k Venise, Votre Altesse se sépare de moi, et m'ordonne de ne pas la connaître; et puis, vous vous mettez à courir les fêtes, les musiques, les tertullîas à l'espagnole, profitant du carnaval pour aller partout masquée, cachée à tous, déguisée, me parlant à peine entre deux portes chaque soir; et voilà que toute cette mascarade se termine par un sermon que vous me faites I Un sermon de vous à moi, madame ! cela n'est*il pas véhément et prodigieux? Vous avez métamorphosé votre nom, vous avez métamorphosé votre habit, à présent vous métamorphosez votre Âme I En honneur, c'est pousser furieusement loin le carnaval. Je m'y perds. Où est la cause de cette conduite de la part de Votre Altesse?
DONA L0CBSZ3A, loi aaisiasant vivement le bras et Tattinint
près de Gennaro endormi.
Vois-tu ce jeune homme?
GUBETTA
Ce jeune homme n'est pas nouveau pour moi, et je sais bien que c'est après lui que vous courez sous votre masque depuis que vous êtes à Venise.
DONA LUCREZIA
Qu'est»ce qne tu en dis?
GUBETTA
Je dis que c'est un jeune homme qui dort couché sur un banc, et qui dormirait debout s'il avait été en tiers dans la conversation morale et édifiante que je viens d'avoir avec Votre Altesse.
DONA LUCREZIA
Est ce que tu ne le trouves pas bien beau?
GUBETTA
11 serait plus beau, s'il n'avait pas les yeux fermés. Un visage sans yeux, c'est un palais sans fenêtres.
DONA LUCREZIA
Si tu savais comme je l'aime !
GUBETTA
C'est l'affaire de don Alphonse, votre royal mari. Je dois cependant avertir Votre Altesse qu'elle perd ses peines. Ce jeune homme, à ce qu'on m'a dit, aime d'amour une belle jeune ûlle nommée Fiametta.
Et la jeune fille, l'aime-t-elle I
GUBETTA
On dit que oui.
DONA LUCREZIA
Tant mieux ! Je voudrais tant le savoir heureux !
GUBETTA
Voilà qui est singulier et n'est guère dans vos façons. Je vous croyais plus jalouse.
DONA LUCREZIA, contemplant Gennaro.
Quelle noble figure !
GUBETTA
Je trouve qu'il ressemble à quelqu'un....