‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 117 sur 210 · ACTE IV, SCENE V. 20f · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE V. 20f

DON GURITÀN.

Quoi !

Encorl

DON CÉSAR

Sans doute, encor !

DON GURITAN.

Mon cher, quittez ce rôle :

Vous m'ennuyez beaucoup, si vous vous croyez drôle.

DON CÉSAR

Vous, vous m'amusez fort ! Et vous m'avez tout l'air D'un jaloux. Je vous plains énormément, mon cher, Car le mal qui nous vient des vices qui sont nôtres Est pire que le mal que nous font ceux des autres. J'aimerais mieux encore, et je le dis à vous. Être pauvre qu'avare, et cocu que jaloux. ^^

Vous êtes l'un et l'autre, au reste. Sur mon âme J'attends encor ce soir madame votre femme.

DON GURITAN.

Ma femme ?

DON CBSAR.

Oui, votre femme !

DON GURITAN.

Allons ! je ne suis pas Marié !

DON CÉSAR

Vons venez faire cet embarras !

Point marié ! Monsieur prend depuis un quart d'heui.' L'air d'un mari qui hurle ou d'un tigre qui pleure, Si bien que je lui donne, avec simplicité.

Un tas de bons conseils en cette qualité !

Mais, si vous n'êtes pas marié, par Hercule ! De quel droit étes-vous à ce point ridicule ?

DON GURITAN.

Savez-vous bien, monsieur, que vous m^ exaspérez !

DON CESAR

lîah!

DON GURITAN.

Que c'est trop fort I

DON CÉSAR

Vrai ?

DON GURITAN.

Que VOUS me le paierez!

DON CÉSAR

(Il examine d'an air goguemird les souliers de don Guritan, qni disparaissent sous des flots de rubans, selon la nonyelle mode.)

Jadis on se mettait des rubans sur la têle ; Aujourd'hui, je le vois, c'est une mode honnête, On en met sur sa botte, on se coifiPe les pieds. C'est charmant !

DON GURITAN.

Nous allons nous battre !

DON CÉSAR , impassible.

Vous croyez ?

DON GURITAN.

Vous n'êtes pas César, la chose me regarde ; Mais je vais commencer par vous.

DON CÉSAR

Bon. Prenez garde De finir par moi.

DON GURITAN.

(Il lui présente une des deux épéesj

Fat ! sur-le-champ !

DON CÉSAR , prenant Tépée.

De ce pas.

Quand je tiens un bon duel, je ne le lâche pas !

Page 1