‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 116 sur 210 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

Iffe tient, et j'ai la tète à leur endroit fêlée. Parlez, remettez-moi l'esprit en bon chemin : Je ne suis plus vivant, je n'ai plus rien d'humain ; Je suis un être absurde, un mort qui se réveille, Un bœuf, un hidalgo de la Castille-Vieille.

On m*a volé ma plume et j'ai perdu mes gants. J'arrive des pays les plus extravagants.

DON GURITAN.

Vous arrivez, mon cher monsieur? Eh bien, j'arrive Encor bien plus que vous !

DON CÉSAR , épanoui.

De quelle illustre rive?

DON GURITAN.

De là-bas, dans le Nord.

DON CÉSAR

Et moi, de tout là-bas, Dans le Midi.

DON GURITAN.

Je suis furieux !

DON CÉSAR

N'est-ce pas ?

Moi, je suis enragé!

DON GURITAN.

J'ai fait douze cents lieues !

DON CÉSAR

Moi, deux mille! J'ai vu des femmes jaunes, bleues, Noires, vertes. J'ai vu des lieux du ciel bénis : Alger, la ville heureuse, et l'aimable Tunis, Où l'on voity tant ces Turcs ont des façons accortes, « Force gens empaillés accrochés sur les portes.

DON GURITAN.

On m'a joué, monsieur!

DON CÉSAR

Et moi, l'on m'a irendu ?

DON GURITAN.

L'on m'a presque exilé !

DON CÉSAR

L'on m'a presque pendu !

DON GURITAN.

Oji m'envoie à Neubourg, d'une manière adroite,

Por|er ces quatre mots écrits dans une boite :

« Gardez le plus longtemps possible ce vieux fou. »

DON CÉSAR, éclatant de rire.

Parfait ! qui donc cela ?

DON GURITAN.

Mais je tordrai le cou A César de Bazan !

DON CÉSAR, grayement.

Ah!

rON GURITAN.

Pour comble d'audace, Tout à l'heure il m'envoie un laquais à sa place. Pour l'excuser, dit-il. Un dresseur de buffet! Je n'ai point voulu voir le valet : je Tai fait Chez moi mettre en prison, et je viens chez le maître, Ce César de Bazan, cet impudent, ce traître I Voyons, que je le tue ! Où donc est-il ?

DON CESAR, tonjoars avec gravité.

C'est moi.

DON GURITAN.

Vous! raillez -vous, monsieur?

DON CÉSAR

Je suis don César!

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