‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 13 sur 210 · DE GONDELAURIER · texte numérisé non relu

DE GONDELAURIER

MADAME ALOÏSE

Phœbus, mon futur gendre, écoutez, je vous aime : Soyez maître céans comme un autre moi-même ; Ayez soin que ce soir chacun s' égayé ici.

Et vous, ma (ille, allons, tenez-vous prête.

Vous serez la plus belle encor dans cette fête, Soyez la plus joyeuse aussi !

(Elle va au fond du théâtre et donne des ordres aux ralets qai

dûposent la fête.)

FLEUR-DE-LIS, à Phœbos.

Monsieur, depuis l'autre semaine On vous a vu deux fois à peine.

Cette fête enfin vous ramène :

Enfin 1 c'est bien heureux vraiment !

PHOEBUS

Ne grondez pas, je vous supplie 1

LA ESMEKALDA.

FLEUR-DE-LIS

Ah I je le vois, Phœbas m'oublie !

PHOEBUS

Je vous jure ...

FLEUR-DE-LIS

Pas de serment!

On ne jure que lorsqu'on ment.

PHOEBUS

Vous oublier I quelle folie !

N'étes-vous pas la plus jolie?

Ne suis-je pas le mieux aimant?

PHOEBUS, à part.

Gomme ma belle fiancée

Gronde aujourd'hui !

Le soupçon est dans sa pensée :

Ah ! quel ennui !

Belles, les amants qu'on rudoie

S'en vont ailleurs.

On en prend plus avec la joie

Qu'avec les pleurs.

FLEUR-DE-LIS, à part.

Me trahir, moi, sa fiancée,

Qui suis à lui !

Moi qui n'ai que lui pour pensée

Et pour ennui I Ah ! qu'il s'absente ou qu'il me voie,

Que de douleurs !

Présent, il dédaigne ma joie,

Absent, mes pleurs !

FLEUR-DE-LIS

L'échai7)e que pour vous, Phœbus, j'ai ftstonnte. Qu'en avez- vous donc fait? je ne vous la vois pas I

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