‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 144 sur 210 · PARTIE I, SCENE II. rur · texte numérisé non relu

PARTIE I, SCENE II. rur

C'est cette doace enfant, fiancée à Hatto, La nièce da vieux Job.

KUNZ.

Régina? Dieu l'assiste !

Ceile-la, c'est un ange.

HERMANN

Elle se meurt.

&IINZ.

C'est triste I Oui, l'horreur pour Hatto, l'ennui, poids étouffant, La tue. Elle s'en va chaque joar.

TEUDON.

Pauvre enfant !

(Guanhamara réparait aa fond du théâtre, qu'elle traverse.)

HAQUIN.

Voici la vieille encor. — Vraiment, elle m'effraye. Tout en elle, son air, sa tristesse d'orfraie, Son regard profond, clair et terrible parfois, Sa science sans fond, à laquelle je crois, Me fait peur....

GOITDICARIUS.

Maudit soit ce burg I

TEUDON.

Paix, je le prie.

GONDICARIUS.

Mais jamais on ne vient dans celte galerie;

Nos maîtres sont en fête, et nous sommes loin d'eux :

On ne peut nous entendre.

TEUDON, baissant la voix et indiquant la porte dn donjon.

Ils sont là tous les deux 1

GONDICARIUS.

Qui?

966 LES BURGRAYES.

T£UDON.

7^ Les vieillards. Le père et le fils. Paix, vous dis<je ! Excepté, — je le tiens de la nourrice Edwige, — Ma,daine Régina qui vient près d'eux prier ; Excepté cet Otbert, ce jeune aventurier.

Arrivé l'an passé , bien qu'encor fort novice, Au château d'Heppenheff pour y prendre service, Et que Taïeul , puni dans sa postérité.

Aime pour sa jeunesse et pour sa loyauté, — Nul n'ouvre cette porte, et personne ici n'entre. Le vieil homme de proie est là seul dans son antre Naguère au monde entier il jetait ses défis.

Vingt comtes et vingt ducs, ses fils, ses petits-fils. Cinq générations dont sa montagne est l'arche, Entouraient comme un roi ce bandit patriarche. Mais l'âge enfin le brise. Il se tient à Técart. II est là, seul, assb sous un dais de brocart. Son fils, le vieux Magnus, debout, lui tient sa lance. Durant des mois entiers il garde le silence ; Et, la nuit, on le voit entrer, pâle, accablé. Dans un couloir secret dont seul il a la clé. Oùva-t-il?

SWAN

Ce vieillard a des peines étranges.

HAQUIN.

Ses fils pèsent sur lui eomme les mauvais anges.

KUNZ.

Ce n'est pas vainement qu'il est maudit.

GONDICARIUS.

Tant mieux !

SWAN

Il eut un dernier fils, étant déjà fort vieux.

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