‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 143 sur 210 · PARTIE I, SCENE II · texte numérisé non relu

PARTIE I, SCENE II

SWAN, bas, à Gynnlfas.

L'autre mois, par les gens du burg, engeance impie, Elle fut prise avec des marchands de Saint -Gall, Je ne sais rien de plus.

CYNULFUS.

Oh ! cela m'est égal ; jMais, tandis qu*on nous lie, on la laisse libre, elle !

SWAN

Elle a guéri Hatto d'une fièvre mortelle, L'aîné des petits-fils.

HAQUIN.

Le burgrave Rollon, L'autre jour, fut mordu d'un serpent au talon ; Elle l'a guéri.

CYNULFUS.

Vrai?

HAQUIN.

Je crois, sur ma parole.

Que c'est une sorcière !

HERMANN

Ah bah ! c'est une folle.

SWAN

Elle a mille secrets. Elle a guéri, ma foi.

Non seulement Rollon et Hatto, mais Eloi, Knùd, Azzo, ces lépreux que fuyait tout le monde.

TEUDON.

Cette femme travaille à quelque œuvre profonde. Elle a, soyez-en sûrs, de noirs projets noués Avec ces trois lépreux qui lui sont dévoués : Partout, dans tous les coins, ensemble on les retrouve ; Ce sont comme trois chiens qui suivent cette louve.

HAQUIN.

Hier, au cimetière, au logis des lépreux.

Ils étaient tous les quatre et travaillaient entre eux :

Eax, faisaient un cercueil et clouaient sur des planches ;

Elle, agitait un vase en relevant ses manches,

Chantait bas, comme on chante aux enfants qu'on endort.

Et composait un philtre avec des os de mort.

SWAN

Cette nuit, ils erraient. La nuit bien étoilée, Ces trois lépreux masqués, cette femme voilée, Kunz, c'était effrayant. Moi, je ne dormais pas, Et je voyais cela.

KUNZ.

Je crois, dans tous les cas, Qu'ici, dans les caveaux, ils ont quelque cachette. L'autre jour, les lépreux et la vieille sachette Passaient sous un grand mur d'un air morne et bourru. Je détournai les yeux, ils avaient disparu :

Us s'étaient enfoncés dans le mur !

HAQUIN.

Ces trois hommes, liépreux, ensorcelés, avec lesquels nous sommes. M'importunent.

K.UNZ.

C'était près du Caveau Perdu, Vous savez ?

HERMANN

Ces lépreux servent, et c'est bien dû.

Celle qui les guérit. Rien de plus simple, en somme.

SWAN

Mais, au lieu des lépreux, de Hatto, méchant homme, Kunz, celle qu'il faudrait guérir dans ce château.

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