‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 152 sur 210 · SCÈNE in · texte numérisé non relu

SCÈNE in

OTBERT, RÉGINA; par instants EDWIGE.

OTBERT.

Appuyez-vous sur moi. — Là, marchez doucement. — Venez sur ce fauteuil vous asseoir un moment.

(Il la conduit à un grand Êiuteuil près de la fenêtre.)

Comment vous trouvez -vous?

RÉGINA

Mal. J'ai froid. Je frissonne Ce banquet m'a fait mal.

(A Edwige.)

Vois s'il ne vient personne.

(Edwige sort.) OTBERT.

Ne craignez rien : ils vont boire jusqu'au matin. Pourquoi donc êtes- vous allée à ce festin?

RÉGINA

Hatto....

OTBERT.

Halto!

RÉGINA, Tapaisant.

Plus bas! Il eût pu me contraindre, Je lui suis fiancée.

OTBERT.

Il fallait donc vous plaindre Au vieux seigneur. Hatto le craint.

RÉGINA

Je vais mourir.

A quoi bon ?

OTBERT.

Oh ! pourquoi parler ainsi ?

RÉGINA

Soufifrir, Rêver, puis s'en aller : c'est le sort de la femme.

OTBERT, lai montrant la fenêtre.

Voyez ce beau soleil !

RÉGINÀ.

Oui, le couchant s*enflamme.

Nous sommes en automne et nous sommes au soir. Partout la feuille tombe et le bois devient noir.

OTBERT.

Les feuilles renaîtront.

REGINA

Oui.—

(Rêvant et regardant le ciel.)

Vite ! à tire-d'ailes I — Oh 1 c'est triste de voir s'enfuir les hirondelles ! — Elles s'en vont là-bas, vers le midi doré,

OTBERT.

Elles reviendront.

RÉGINA

Oui. — Mais moi, je ne verrai Kl l'oiseau revenir ni la feuille renaître !

OTBERT.

Réginal...

REGINA

Mettez-moi plus près de la fenêtre.

(Elle lui donne sa bourse.)

Otbert, jetez ma bourse aux pauvres prisonniers.

(Otbert jette la Iiourse par une des fenêtres du fond. Elle continue,

Pœil fixé au dehors.)

Oui, ce soleil est beau. Ses rayons, — les derniers ! —

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