‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 151 sur 210 · PARTIE I, SCENE IL · texte numérisé non relu

PARTIE I, SCENE IL

GONDICÀRIUS, à Jossias.

Vous étiez de ces braves ?

Vous avez bataillé contre ces mécréants ?

Vous sou vient- il?

JOSSIUS.

C'étaient des guerres de géants !

Les burgraves entre eux se prêtaient tous main-forte. Il fallait emporter chaque mur, chaque porte. En haut, en bas, criblés de coups, baignés de sang, Les barons combattaient, et laissaient, en poussant Des rires éclatants sous leurs horribles masques. L'huile et le plomb fondu ruisseler sur leurs casques. Il fallait assiéger dehors, lutter dedans, Percer avec Tépée et mordre avec les dents.

Oh ! quels assauts 1 Souvent, dans Tombre et la fumée. Le château, pris enfin, s'écroulait sur Tarméel C'est dans ces guerres-là que Barberousse un jour, Masqué, mais couronné, seul, au pied d'une tour. Lutta contre un bandit qui, forcé dans son bouge, Lui brûla le bras droit d'un trèfle de fer rouge, Si bien que l'empereur dit au comte d'Arau :

c Je le lui ferai rendre, ami, par le bourreau ! »

GONDICARIUS.

Cet homme fut-il pris?

JOSSIUS.

Non, il se fit passage.

Sa visière empêcha qu'on ne vit son visage, Et l'empereur garda le trèfle sur son bras.

TBUDOlf , à SwaD.

Je crois que Barberousse est vivant. — Tu vei ras.

JOSSIUS.

Je suis sûr qu'il est mort.

CYNULFUS.

Mais Max Eomond ?..»

hermànn.

Chimère!

TEUDŒT.

La grotte du Malpas....

HERMÀNN.

Un conte de grand* mère I

KÀRL.

Sfrondati cependant jette un jour tout nouveau....

HERMÀNN.

Bah ! Songes d'un fiévreux qui voit dans son cerveau. Où flottent des lueurs toujours diminuées, Les visions passer ainsi que des nuées !

(Entre un soldat, le fouet à la main.) LE SOLDÂT.

Esclaves, au travail l Les convives, ce soir, Vont venir visiter cette aile du manoir ; €*est monseigneur Hatto, le maître, qui les mène. Qu'il ne vous trouve point ici traînant la chaîne.

(Les prisonniers ramassent leurs outils, s'accouplent en silence et sortent, la tête basse, sous le fouet du soldat. Guanhumara reparaît sur la galerie haute et les suit des yeux. Au moment où les prisonniers disparaissent, entrent par la grande porte Régina, Edwige et Otbert; Régina, \êtue^e blanc; Edwige, la nourrice, vieille, \étue de noir; Otbert, en habit de capitaine aventurier, avec le coutelas et la grande épée; Régina, toute jeune, pâle, accitblée et se traînant à peine, comme une personne malade depuis longtemps et presque mourante. Elle se penche sur le bras d*Otbert, qui la soutient et fixe sur elle un regard plein d'angoisse et d'amour. Edwige la suit. Guanhumara, sans être vue d'aucun des trois, les observe et les écoute quelques instants, puis sort par le côté opposé à celui où «Ile est entrée.)

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