‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 170 sur 210 · PARTIE II, SCENE I · texte numérisé non relu

PARTIE II, SCENE I

Abjection ! — L'empire avait de grands piliers, Hollande, Luxembourg, Clèves, Gueldres, Juliers.... — Croules ! — Plus de Pologne et plus de Lombardie ! Pour nous défendre au jour d'une attaque hardie. Nous avons Uhn, Augsbourg , closes de mauvais pieux I ^L'œuvre de Gharlemagne et d'Othon le Pieux N'est plus. Notre frontière à l'occident s'efface, Car la Haute-Lorraine est aux comtes d'Alsace, Et la Basse-Lorraine aux comtes de Louvain* Plus d'Ordre Teutonique. Il ne reste à Gauvain Que vingt-huit chevaliers et cent valets de guerre. Cependant le Danois menace ; l'Angleterre Agite gibelins et guelfes ; le Lorrain Trahit ; le Brabant gronde ; un feu couve à Turin ; Philippe Auguste est fort ; Gênes veut une somme ; L'interdit pend toujours ; le saint-père dans Rome Rêve, assis dans sa c:haire, incertain et hautain ; Et pas de chef, grand Dieu 1 devant un tel destin I Les électeurs épars, creusant chacun leur plaie, Chacun de leur côté, couronnent qui les paie ; Et, comme un patient qui, sanglant, déchiré. Meurt, par quatre chevaux lentement démembré, D'Anvers à Ratisbonne, et de Lubeck à Spire, Font par quatre empereurs écarteler l'empire I — Allemagne! Allemagne! Allemagne! Hélas!...

(Sft tète tombe sar sa poitrine; il sort à pas lents par le fond da tliéâ. tre. Otbert, qui est entré depuis quelques instants, le suit des yeux. Le mendiant s'enfonce sous les arcades de la galerie.

Tout à coup le visage d'Otbert s'éclaire d'une expression de joie et de surprise. Rt'gina apparaît au fond da théâtre, du côté op|)osé h celui 1 ar lequel le mendiant est sorti, Régina, radieuse de bonheur et de santé.)

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