‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 171 sur 210 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

OTBERT, RÉGINA.

OTBERT.

Quoi!

Régine ! est-il possible? est-ce vous qae je voi?

RÉGINA

Otbert, Otbert^ je vis, je parle, je respire ! Mes pieds peuvent marcher, ma bouche peut sourire, Je n'ai plus de souffrance et je n'ai plus d'effroi. Je vis, je suis heureuse, et je suis toute à toi I

OTBERT, la contemplant.

O bonheur !

RÉGINA

Cette nuit, j'ai dormi, mais — sans ficvre.

Ton nom, si j'ai parlé, seul entr'ouvrait ma lèvre. Quel doux sommeil 1 vraiment, non, je n'ai pas souffert. Quand le soleil levant m'a réveillée, Otbert, Otbert, il m'a semblé que je me sentais naître. Les passereaux joyeux chantaient sous ma fenêtre, Les fleurs s'ouvraient, laissant leurs parfums fuir aux cieux. Moi, j'avais l'âme en joie, et je cherchais des yeux Tout ce qui m'envoyait une haleine si pure.

Et tout ce qui chantait dans l'immense nature; Et je disais tout bas, Tœil inondé de pleurs : « O doux oiseaux, c'est moi ; c'est bien moi, douces fleurs! » — Je t'aime, ô mon Otbert 1

(Elle se jette dan^ ses liras. Tinint le flacon de son sein.)

Coitc fiole est la vie.

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