‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 196 sur 210 · PARTIE III, SCÈNE II. 34fî · texte numérisé non relu

PARTIE III, SCÈNE II. 34fî

JOB

Merci 1

GUANIIUKTÀRÀ.

Vieillard, attends avant De me remercier. — Ton fils George est vivant.

JOB

Ciel ! que dis-tu ?

GUANHUMARA

C'est moi qui te Tai pris.

JOB

'Par grâce !

Il avait ce collier au cou.

(Elle tire de sa poitrine et lui jette un collier d^enfant, en or et en perles, qu'il ramasse et couvre de baisers. Puis il tombe à set genoux.)

JOB

Pillé ! j'embrasse ',

Tes pieds! Fais-le-moi voir!

GUANHUMARA

Tu vas le voir aussi.

C'est lui qui va venir te poignarder ici.

JOB, se relevant avec horreur.

Dieu! — Mais en as -tu fait un monstre en ta colère. Pour croire qu'un enfant voudra tuer son père ?

GUANHUMARA

C'est Olbert !

JOB , joignant les mains vers le ciel* Sois béni, mon Dieu ! Je le rêvais.

Mais en lui tout est noble, il n'a rien de mauvais;

Tu comptes follement sur mon Otbert....

GUANHUMARA

Ecoute.

Tu marchais au soleil ; j'ai fait, la imit, ma route.

Tu ne m*as pas senti m'avancer en rampant.

— Éveille-toi, Fosco, dans les plis du serpent ! —

Tandis que l'empereur t'occupait tout à l'heure,

J'étais chez Régina, j'étais dans ta demeure;

Elle a bu, grâce à moi, d'un philtre tout-puissant;

J'étais seule avec elle.... — et regarde à présent!

(Entrent par le fond de la galerie à droite deux hommes masqurs, vêtus de noir et portant un cercueil couvert d^in drap noir, qui traversent lentement le fond du théâtre. Job court vers eux. Ils s^irrêtent.)

/ JOB

Un cercueil I

(Jo)) écarte le drap noir avec épouvante. Les hommes masqués le laissent faire. Le comte lève le suaire et voit une figure pâle. C'est 'Régina.)

Régina!

(A Guanhuraara.)

Monstre ! tu l'as tuée !

GUANITUMARA.

Pas encore. A ces jeux je suis habituée.

Elle est morte pour tous ; pour moi, comte, elle dort.

Si je veux....

(Elle fait le geste de la résurrection.) JOB.

Que veux-tu pour l'éveiller ?

GUANUCMARA.

Ta mort.

Otbert le sait. C'est lui qui choisira.

(Elle étend sa main droite sur le cercueil.)

Je jure, Par l'éternel ennui que nous laisse Tinjure; Par la Corse au ciel d'or, au soleil dévorant, Par le squelette froid qui dort dans le torrent,

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