‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 197 sur 210 · PARTIE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

PARTIE III, SCÈNE II

Par ce mur qui du sang but la trace livide, Que ce cercueil d'ici ne sortira pas vide !

(Les deux hommes porteurs du cercueil se remettent en marche et disparaissent du côté opposé à celui pnr lequel ils sont entré),)

(A Job.)

Qu'il choisisse, elle ou toi ! — Si tu veux fuir loin d'eux. Fuis ! Otbert, Régina, mourront alors tous deux. Ils sont en mon pouvoir.

JOB , se cachant le visage de ses mains.

Horreur!

GUÀNHUMARÀ.

Laisse- toi faire, Meurs ! Régina vivra !

JOB

Voyons 1 une prière !

Mourir n'est rien. Prends-moi, prends mes jours, prends mon sang;, Mais ne fais pas commettre un crime à l'innocent. Femme, contente-toi d'une seule victime.

Un monde étrange à moi se révèle. Mon crime A fait germer ici dans l'ombre, sous ces monts, Un enfer, dont je vois remuer les démons, Hideux nid de serpents, né de gouttes fatales Qui de mon poignard nu tombèrent sur ces dalles I Le meurtre est un semeur qui récolte le mal ; Je le sais. — Tu m'as pris dans un cercle infernal. Que te faut-il de plus? Ne suis-je pas ta proie? C'est juste, tu fais bien, je t'accueille avec joie. Moi, maudit dans mes Qls, maudit dans mes neveux I Mais épargne l'enfant! le dernier ! — Quoi ! tu veux Qu'il entre ici par, noble et sans tache, et qu^il sorte Marqué du signe affreux que moi, Gain, je porte ! — - Ginevra, puisque enGn vous avez cru devoir

Me le prendre, à moi, vieux dont il était Fespoir, A moi qui du toiïibeau sentais déjà l'approche, —

— Je ne veux point ici vous faire de reproche, — Enfin, vous Pavez pris et gardé près de vous, Sans le faire souffrir, ce pauvre enfant si doux. N'est-ce pas ? Vous avez, ô bonheur que j'envie ! Vu s'ouvrir son œil d'aigle interrogeant la vie,

Et son beau front chercher votre sein réchauffant, El naître sa jeune âme !. . — Eh bien, c'est votre enfant î Votre enfant comme à moi I Vraiment, je vous le jure ! — Oh ! j'ai déjà souffert beaucoup, je vous assure. Je suis puni ! — Le jour où l'on vint m' annoncer Que George était perdu, qu'on avait vu passer Quelqu'un qui l'emportait,... je me crus en délire.

— Je n'exagère pas, on a pu vous le dire. — J'ai crié ce seul mot : « Mon enfant enlevé î » Figurez-vous, je suis tombé sur le pavé !

— Pauvre enfant! — Quand j'y pense ! — il courait dans les roses,

Il jouait! — N'est-ce pas, ce sont là de ces choses

Qui torturent? Jugez si j'ai souffert ! — Eh bien,

Ne fais pas un forfait plus affreux que le mien !

Ne souille pas cette àme encore pure et divine !

Oh ! si tu sens un cœur battre dans la poitrine..,.

GUANHUMARA

Un cœur? je n'en ai plus : tu me l'as arraché!

JOB

Oui, je veux bien mourir, dans ce tombeau couché.. ••

— Pas de sa main ! —

GUANHUMARA

Le frère ici (ua le frère.

Le fils ici tuera le père

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