SCENE IV
Le Peuple, QUASIMODO, puis LA ESMERALDA et wn cortège, pnis CLAUDE FROLLO, PHOEBUS, CLOPIN TROUILLEFOU, Prêtres, Archers, Gens de justice.
CHOEUR
A Notre-Dame
Venez tous voir
La jeune femme
Qui meurt ce soir 1 Cette bohémienne A poignardé, je croi, Un archer capitaine, Le plus beau qu*ait le roi I
£h quoi ! si belle
Et si cruelle !
Entendez-vous?
Comment y croire?
L'àme est si noire
Et Fœil si dou\ !
C'est une chose adreuse !
Ce que c'est que de nous !
La pauvre malheureuse I Venez, accourez tousl
A Notre-Dame
Venez tous voir
64 LÀ ESMERALDA
La jeune femme Qui meurt ce soir I
(La foule grossit. Humeur. Un cortège sinistre commence à débooclier sur la place <iu Parvis. Piles de pénitents noirs. Bannières de la miséricorde. Flambeaux. Archers. Gens de justice et du guet. Les soldats écartent la foule. Parait la Esmeralda, en chemise» la corde au cou, pieds nus, couverte d'un grand crêpe noir. Près d'elle, un moine avec un crucifix. Derrière elle, les bourreaux et les gens du roi. Quasimodo, appuyé aux contre-forts du portail, observe avec attention. Au moment où la condamnée arrive devant la façade, on entend un chant grave et lointain venir de l'intérieur de l'église, dont les portes sont fermées.)
CHOEUR , dans l'église.
Omnes fluctus fluminis Transierunt super me In imo voraginis Ubi plorant anim»,
(Le chant s'approche lentement. Il éclate enfin près des portes, qui s'ouvrent tout à coup et laissent voir l'intérieur de l'église occnpé par une longue procession de prêtres en habits de cérémonie et pré» cédés de bannières. Claude FroUo, en costume sacerdotal, est en tête de la procession. Il s'avance vers la condamnée.)
LE PEUPLE
Vive aujourd'hui^ morte demain I Doux Jésus, tendez-lui la main.
LA ESMERALDA
C'est mon Phœbus qui m'appelle
Dans la demeure éternelle
Où Dieu nous tient sous son aile : I §
Béni soit mon sort cruel ! > §
Au fond de tant de misère, 1 S
Mon cœur qui se brise espère.
Je vais mourir pour la terre, Je vais naitre pour le ciel !