ACTE I, SCÈNE I
Charge, emplois, hoimeurS| tout en un instant s'écroule Au milieu des éclats de rire de la foule!
GUDIEL.
Nul ne le sait encor, monseigneur.
DON SALLUSTE
Mais demain I Demain on le saura ! — Nous serons en chemin. Je ne yeux pas tomber, non, je veux disparaître!
(11 déboutonne violemment son pourpoint.)
— Tu m'agrafes toujours comme on agrafe un prêtre; Tu serres mon pourpoint, et j'étouffe, mon cher!
(Il s'assied.)
Oh ! mais je vais construire, et sans en avoir Tair, Une sape profonde, obscure et souterraine.... — Chassé l —
Il se lève.)
GUDIEL.
D'où vientle coup, monseigneur?
DON SALLUSTE
De la reine.
Oh! je me vengerai, Gudiel! tu m'entends!
Toi dont je suis l'élève, et qui depuis vingt ans M'as aidé, m'as servi dans les choses passées, Tu sais bien jusqu*oii vont dans Pombre nies pensées, Comme un bon architecte au coup d'œil exercé Connaît !a profondeur du puits -qu'il a creusé. Je pars ; je vais aller à Finlas, en Castille, Dans mes Étals, — et là songer. — Pour une fille !
— Toi, règle le départ, car nous sommes pressés. Moi, je vais dire un mot au drôle que tu sais;
A tout hasard. Peut-il me servir? Je l'ignore. Ici jusqu'à ce soir je suis le maître encore.
Je me vengerai, va ! Gomment? je ne sais pas; Mais je veux que ce soit effrayant! — De ce pas. Va faire nos apprêts, et hâte-toi. — Silence! Tu pars avec moi. Va.
(Gudiel salae et sort. — Don Sallaste appelant.)
— RuvBlas!
nu Y BLAS y se présentant à la porte dn fond.
Votre Excellence?
nos SALLUSTE.
Comme je ne dois plus coucher dans le palais, Il faut laisser les clefs et clore les volets.
• RUY BLA8, s'inclinant.
Monseigneur, il sufiBt.
DON SALLUSTE
Ecoutez, je vous prie ; La reine va passer là, dans la galerie.
En allant de la messe à sa chambre d'honneur. Dans deux heures. Ruy Blas, soyez là.
Monseigneur, J'y serai.
DON SALLUSTE , à la fenêtre.
Voyez-vous cet homme dans la place Qui montre aux gens de garde un papier, et qui passe ? Faites-lui, sans parler, signe qu'il peut monter Par l'escalier étroit.
(Ruy Blas obéit. Don Salluste continue eu lui montrant la petite
porte à droite.)
Avant de nous quitter, Dans cette chambre où sont les hommes de police, Voyez donc si les trois alguazils de service Sont éveillés.