ACTE I, SCÈNE II. iOl
DON CESAR
De VOS bienfaits je n'aurai nalle envie, Tant que je trouverai, vivant ma libre vie, Aux fontaines de Teau, dans les champs le grand air, A la ville un voleur qui m'habille l'hiver, Dans mon âme l'oubli des prospérités mortes.
Et devant vos palais, monsieur, de larges portes Où je puis, à midi, sans souci du réveil, Dormir, la tête ù l'ombre et les pieds au soleil ! — Adieu donc. — De nous deux Dieu sait qnel est le juste. Avec les gens de cour, vos pareils, don Salluste, Je vous laisse, et je reste avec mes chenapans : ^^^' Je vis avec les loups, non avec les serpents.
DON SALLUSTE
Un instant....
DON CESAR
Tenez, maître, abrégeons la visite.
Si c'est pour m'envoyer en prison, faites vite.
DON SALLUSTE
Allons, je vous croyais, César, plus endurci.
L'épreuve vous est bonne et vous a réussi ;
Je suis content de vous. Votre main, je vous prie.
DON CESAR
Comment?
Je n*ai parlé que par plaisanterie.
Tout ce que j'ai dit là, c'est pour vous éprouver. Rien de plus.
DON cisAR.
Çà, debout vous me faites rêver.
La femme, ce complot, cette vengeance....
DON SALLUSTE
Leurre!
Imagination ! chimère I
DON CESAR
A la bonne heure !
Et Toffre de payer mes dettes ! vision > Et les cinq cents ducats ! imagination ?
DON SALLUSTE
Je vais vous les chercher.
(Il se dirige vers la porte du fond et fait signe à Ruy Blas de rentrer.) DON CESAR^ à. part sur le devant dn. théâtre et D^;ardaiit don
Sallnste-de travers.
HiuTi ! visage de traître !
Quand la bouche dit : Oui, le regard dit : Peut-être.
DON SALLUSTE, à Ray Blas.
Ruy Blas, restez ici.
(A doa César.)
Je reviens*
(Il sort par la petite porte de gauche. Sitôt qu*il est sord, don César et Ruy Blas vont vivement Tun à l'autre.)
SCEl^fE m.